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Un nouveau pilier dans les relations de coopération Vietnam-Canada

Les sciences, les technologies et l’innovation pourraient devenir un nouveau pilier de la coopération Vietnam-Canada, avec des perspectives concrètes dans les énergies propres et l’aérospatiale, soutenues par des mécanismes de cofinancement et la mobilisation du réseau d’experts vietnamiens au Canada.

Lors d’une rencontre entre le Bureau vietnamien des sciences et technologies au Canada et le Réseau des experts et scientifiques vietnamiens au Canada, les participants ont estimé que les sciences, les technologies et l’innovation pourraient devenir l’un des nouveaux piliers des relations bilatérales.

  Le parc éolien de Lien Lap, situé dans la commune de Tan Lap, province de Quang Tri. Les énergies propres constituent un axe prioritaire de coopération entre le Vietnam et le Canada. Photo : VNA  

 
S’exprimant auprès d’un correspondant de l’Agence vietnamienne d’information (VNA) à Ottawa, le professeur associé Vu Viet Hung, président du Réseau des experts et scientifiques vietnamiens au Canada, a estimé que les énergies propres figuraient parmi les domaines dans lesquels le Vietnam pourrait coopérer rapidement avec le Canada. Selon lui, le Canada est une puissance énergétique qui dispose de solides atouts dans les technologies propres, l’efficacité énergétique, les technologies environnementales et les solutions de réduction des émissions. Le Canada s’emploie également à diversifier ses marchés, à rechercher de nouveaux partenaires en dehors des États-Unis et consacre des ressources importantes à la recherche, au développement et à la commercialisation des technologies.

Le Vietnam, pour sa part, connaît des besoins croissants en matière de transition énergétique, de réduction des coûts de production, d’adaptation au changement climatique et de respect des normes carbone sur ses principaux marchés d’exportation.

Dans une approche concrète, le chef du Bureau vietnamien des sciences et technologies au Canada, Le Quoc Dung, a souligné la nécessité de mettre en œuvre, dans un délai de 12 à 18 mois, des projets pilotes concrets tels qu’une « usine verte » ou une unité de « transformation agroalimentaire verte » au Vietnam. Les entreprises vietnamiennes fourniraient le site, définiraient les besoins et utiliseraient directement les technologies, tandis que les entreprises canadiennes apporteraient des solutions de gestion de l’énergie, de l’eau et des déchets ou de mesure des émissions. Les universités et organismes techniques des deux pays participeraient à l’évaluation de l’efficacité de ces solutions.

Selon lui, les résultats des projets devraient être évalués à l’aide d’indicateurs concrets, tels que la réduction de la consommation d’électricité et d’eau et des émissions, les économies réalisées sur les coûts d’exploitation, la capacité à reproduire le modèle à plus grande échelle, ainsi que le nombre de contrats d’achat de solutions, de licences technologiques ou de commandes commerciales conclus après la phase d’expérimentation.

Outre les énergies propres, Vu Viet Hung a estimé que l’aérospatiale constituait un domaine d’importance stratégique à long terme. Les deux parties pourraient coopérer dans les domaines des satellites, de la télédétection, de l’observation de la terre, de l’alerte aux catastrophes naturelles, de la surveillance de l’espace aérien et maritime, de la sécurité maritime et de la gestion des ressources. Le Vietnam pourrait établir des liens avec des groupes et organismes canadiens tels que Telesat, MDA, Transports Canada, NAV CANADA et le Conseil national de recherches du Canada afin de bénéficier de leur expérience en matière d’infrastructures spatiales, de gestion des drones, de planification, de normes, d’essais et de certification de sécurité.

Afin de créer un cadre financier et institutionnel pour les projets conjoints, Le Quoc Dung a proposé la mise en place d’un mécanisme de cofinancement de l’innovation entre le Centre national d’innovation du Vietnam (NIC), le ministère canadien de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique (ISED) et les organismes concernés.

Un atout particulier des relations Vietnam-Canada réside dans la communauté d’origine vietnamienne, qui compte près de 300 000 personnes, parmi lesquelles de nombreux professeurs, scientifiques, ingénieurs et entrepreneurs dans le secteur technologique. Vu Viet Hung a indiqué que le Réseau des experts et scientifiques vietnamiens au Canada pouvait jouer un rôle de conseil et de mise en relation, tout en contribuant au déploiement des dix groupes de technologies stratégiques identifiés par le Vietnam.

Grâce à des experts actifs dans de nombreux domaines tels que les semi-conducteurs, l’intelligence artificielle, les biotechnologies, l’énergie et l’aérospatiale, le réseau peut aider le Vietnam à rechercher des partenaires, à évaluer les technologies, à apporter son expertise aux programmes de formation, à mettre en relation les laboratoires et à favoriser le transfert des résultats de recherche.

Selon les participants à la rencontre, le Canada s’intéresse de plus en plus au Vietnam. Toutefois, pour transformer cet intérêt en projets et en ressources concrètes, le Vietnam doit prendre l’initiative de proposer des projets et de mettre en relation les partenaires. Lorsque les deux pays seront en mesure de mener conjointement des recherches, d’expérimenter, d’investir et de commercialiser les technologies, les sciences, les technologies et l’innovation deviendront un moteur important du développement substantiel, équilibré et durable des relations bilatérales. - VNA/VI 


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