Arts

Trois œuvres des maîtres artistes vietnamiens s’envolent aux enchères à Hong Kong

La vente aux enchères de Sotheby’s proposait des œuvres d’artistes modernes et contemporains de premier plan d’Europe et d’Asie. Trois toiles de deux artistes vietnamiens ont particulièrement retenu l’attention, atteignant des prix bien supérieurs aux estimations, témoignant d’une forte concurrence entre les collectionneurs et confirmant la place et le potentiel de l’art indochinois sur le marché international.

Des tableaux des peintres vietnamiens Mai Trung Thu (1906-1980) et Lê Phô (1907-2001), ont été vendus pour des dizaines de milliards de dôngs lors de la vente aux enchères d’art moderne et contemporain de Sotheby’s à Hong Kong (Chine) le 29 mars, dépassant les estimations initiales.

La vente aux enchères de Sotheby’s proposait des œuvres d’artistes modernes et contemporains de premier plan d’Europe et d’Asie. Trois toiles de deux artistes vietnamiens ont particulièrement retenu l’attention, atteignant des prix bien supérieurs aux estimations, témoignant d’une forte concurrence entre les collectionneurs et confirmant la place et le potentiel de l’art indochinois sur le marché international.

"La jeune femme de Huê" de Mai Trung Thu. Photos: Sotheby's

Le lot phare était "La jeune femme de Huê" de Mai Trung Thu. Estimée entre 3 et 4 millions de dollars hongkongais (environ 10 à 13,4 milliards de dôngs), l’œuvre a été vendue pour 7,04 millions de dollars hongkongais (plus de 23,6 milliards de dôngs), soit près du double de l’estimation.

Peinte en 1937 alors que l’artiste enseignait à Huê, cette œuvre représente une scène le long de la rivière des Parfums, près de la pagode Thiên Mu, et dégage une atmosphère paisible et romantique. Une jeune femme vêtue d’un ao dai blanc (tunique traditionnelle) et coiffée d’un chapeau conique se protège le visage du soleil. Un délicat collier d’or et son allure sereine reflètent les canons de beauté féminine raffinés en vigueur à Huê à cette époque.

Selon Sotheby’s, cette œuvre est particulièrement rare, car elle compte parmi les rares peintures à l’huile de Mai Trung Thu encore disponibles sur le marché.

"Le petit cours d’eau, la baignade", de Mai Trung Thu.

Une autre œuvre de l’artiste, "Le petit cours d’eau, la baignade", a été vendue pour 5,76 millions de dollars hongkongais (plus de 19,3 milliards de dôngs). Réalisée en 1978, cette toile appartient à la dernière période de sa carrière.

"Avec une maîtrise picturale affirmée, Mai Trung Thu explore l’un de ses thèmes de prédilection : le nu féminin et la vie quotidienne", a souligné Sotheby’s. "Alors que la plupart de ses œuvres se concentrent sur des compositions à une ou deux figures, +Le petit cours d’eau, la baignade+ représente jusqu’à 14 figures féminines, ce qui en fait l’une de ses compositions de groupe les plus complexes."

L’imagerie évoque un univers poétique qui n’est pas sans rappeler le "Truyên Kiêu" (L’histoire Kiêu), du grand poète Nguyên Du, où les jeunes femmes au bord de l’eau symbolisent la beauté, la jeunesse et la fugacité du temps.

Bien qu’il vécut une grande partie de son existence en France, Mai Trung Thu fut inspiré par les femmes vietnamiennes, les enfants, les paysages de son pays natal… Ses œuvres dégagent un parfum de culture traditionnelle du pays.

"Les trois baigneuses" de Lê Phô.

Une autre œuvre remarquable, "Les trois baigneuses" de Lê Phô, a été vendue pour 5,12 millions de dollars hongkongais (plus de 17,2 milliards de dôngs). Réalisée vers 1938, cette peinture sur soie témoigne de la technique raffinée de l’artiste.

Les données de Sotheby’s indiquent que les nus sont extrêmement rares dans son œuvre, notamment dans ses premières toiles, puisqu’il s’est ensuite principalement consacré à la peinture à l’huile.

L’œuvre s’inspire des thèmes artistiques occidentaux du nu et des baigneuses, tout en représentant de jeunes femmes se baignant au bord d’une rivière dans un cadre rural paisible, créant ainsi une scène poétique typiquement vietnamienne.

Figure de proue de l’art moderne vietnamien, Lê Phô a su créer un langage pictural unique, traversant les époques sans jamais trahir ses racines. Installé en France à partir de 1937, Lê Phô a exprimé sa nostalgie du pays natal à travers des images typiques, comme des femmes, des enfants, des paysages naturels./.


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