Vietnam et ses amis

Technologies quantiques : le Vietnam appelé à développer ses capacités nationales

Le Vietnam doit renforcer ses capacités nationales et développer un écosystème quantique intégré, a estimé le Dr Nissan Maskil, directeur général du groupe Qarakal Quantum.

Le Dr Nissan Maskil, directeur général du groupe Qarakal Quantum. Photo: VNA

Dans un entretien accordé à la VNA, le Dr Nissan Maskil, directeur général du groupe Qarakal Quantum, a estimé que le Vietnam devait construire un écosystème quantique à l’échelle nationale, dans lequel le gouvernement, les universités, les entreprises technologiques et les industries coopèrent étroitement, de la formation et de la recherche au développement technologique et à la commercialisation.

Selon lui, l’expérience d’Israël montre que l’émergence d’une industrie quantique compétitive ne peut reposer uniquement sur la recherche en physique ou sur l’accès à des ordinateurs quantiques développés à l’étranger. Un pays doit progressivement se doter de capacités nationales dans les domaines des ressources humaines, de la recherche, de l’ingénierie, de la fabrication, de l’exploitation, du développement d’applications et du déploiement à grande échelle des systèmes quantiques.

Parmi les modèles susceptibles de convenir au Vietnam figure, selon cet expert, la création d’un centre national ou régional d’informatique quantique, doté d’un ordinateur quantique opérationnel comme infrastructure centrale. Le centre ne servirait pas seulement à la recherche, mais aussi à la formation, au développement technologique, aux essais industriels et au déploiement progressif d’applications quantiques.

Concernant les ressources humaines, le Dr Nissan Maskil a souligné que les compétences nécessaires ne se limitaient pas aux physiciens. Le développement d’une industrie quantique requiert également des ingénieurs électriciens et mécaniciens, des spécialistes de la cryogénie, des ingénieurs de fabrication, des scientifiques des matériaux, des programmeurs, des spécialistes des algorithmes, des ingénieurs systèmes et des experts des applications.

L’expert a également insisté sur la nécessité de rapprocher la formation des infrastructures quantiques opérationnelles. Les étudiants et ingénieurs ne devraient pas se limiter aux manuels et aux simulations, mais avoir la possibilité de travailler directement sur des systèmes quantiques en fonctionnement.

La participation précoce des entreprises constitue un autre facteur important. Les secteurs des semi-conducteurs, des télécommunications, de l’IA, de l’électronique, des matériaux, de la chimie, de la pharmacie, de la finance, de l’aérospatiale et de la défense pourraient soumettre au centre quantique des problématiques concrètes afin de les étudier et de les tester.

Le Dr Nissan Maskil a estimé que le Vietnam pourrait ainsi mettre en place un programme quantique national associé à un centre de technologies et d’informatique quantiques. Ce centre fournirait des infrastructures communes, tandis que les universités assureraient la formation et la recherche, les entreprises technologiques contribueraient au développement des systèmes et au transfert d’expérience technique, et les industries apporteraient les besoins du marché et les problématiques concrètes.

À long terme, l’objectif ne devrait pas se limiter à former des scientifiques spécialisés dans le quantique ou à acheter un accès à des ordinateurs quantiques étrangers. Il s’agirait surtout de développer progressivement des capacités nationales permettant au Vietnam de comprendre, concevoir, fabriquer, construire, exploiter, améliorer, faire évoluer, appliquer et commercialiser ces technologies.

Une coopération avec Israël pourrait notamment porter sur la création d’un centre d’informatique quantique associant directement des scientifiques, ingénieurs et techniciens vietnamiens dès les phases d’installation, d’intégration et d’exploitation des systèmes. Cette approche permettrait de privilégier le développement de capacités à long terme plutôt que la simple fourniture d’équipements.

Selon le Dr Nissan Maskil, la réussite d’une stratégie quantique nationale ne se mesure pas seulement au nombre d’équipements mis en service, mais aussi à la capacité de former des ressources humaines, de développer des infrastructures, des connaissances et des capacités industrielles permettant de poursuivre le développement de ces technologies à l’avenir.

Il a estimé qu’en développant suffisamment tôt ces capacités fondamentales, le Vietnam pourrait progressivement passer du statut d’utilisateur des technologies quantiques à celui d’acteur participant à leur développement et à leur maîtrise.


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