Le père du métier est Nguyên Van Ty. Ce commerçant sur les rivières de l’Ouest du Nam Bo tomba, un jour qu'il descendait la rivière Rach Gâm- Xoài Mut, sur un paysan fabriquant un tambour. Il arrêta son bateau pour l’observer. Ce métier le fascina et il décida de l’apprendre. En une année, il assimila tous les secrets du métier et les transmit aux habitants du village de Binh An. C'est ainsi que naquit ce métier, il y a 170 ans.
Faire un tambour comprend une vingtaine d’étapes. Le bois utilisé est le jacquier qui est séché, ciselé puis courbé et imprégné d'insecticides. La plus dure étape est de couvrir le tambour avec du cuir, celui d’un buffle, bien séché. Le tambour, pour qu’il soit sonore, doit être bien raboté avant d’être recouvert de cuir.

Le bois utilisé pour la caisse est le jacquier

Le traitement de la peau de buffle est une étape importante

La peau de buffle doit être séchée et traitée

Pose du cuir sur la caisse du tambour

Ajuster la peau de tambour sur la caisse du tambour

Une étape de fabrication d'un tambour
Fabriquer un tambour exige une technique irréprochable |
Les tambours de Binh An sont solides, beaux et d’un timbre tantôt aigu, tantôt grave. A chaque type de tambour, l’artisan a une façon de travailler le cuir ou de le poser sur la caisse. Le tambour qui accompagne la danse de licorne, celui que l'on joue lors des cérémonies ou ceux des écoles, des temples et pagodes... chacun a son propre timbre.
A l’atelier Nam Mien, son propriétaire Nguyên Van An et d’autres artisans achèvent un tambour de 2 mètres de long. Descendant d'une lignée d'artisans depuis 5 générations, Nguyên Van An a confié : « ce métier est transmis de père en fils au village de Binh An qui compte 22 ateliers. Les artisans sont tous membres de la lignée Nguyên. Chaque atelier ne fabrique chaque année que 200 unités ».
Le village Binh An approvisionne la plupart des pagodes, écoles ou troupes de danse de la licorne des provinces et villes méridionales, et exporte même en Australie, aux Etats-Unis, en Chine, en Grande – Bretagne, au Cambodge, en République de Corée. Les tambours de Binh An sont assez chers, de 800.000 dongs à 150 millions de dongs, mais se vendent bien.
“En 2013, nous avons déposé la marque +tambours de Binh An+ en vue de constituer une marque commerciale prestigieuse et élargir nos débouchés d’exportation”, a informé Nguyên Hong Hung, président du Comité populaire de la commune.
Différents types de tambours du village de Binh An




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Texte: Nguyên Anh – Photos: Lê Minh