Témoignage emblématique de la résistance vietnamienne durant la guerre, les tunnels de Ky Anh incarnent l’ingéniosité et la détermination des combattants et habitants locaux, devenant aujourd’hui un site historique majeur attirant de plus en plus de visiteurs.
Visiteur dans les tunnels de Ky Anh. Photo: VNA
Construits en plein cœur du territoire contrôlé par l’ennemi, les tunnels de Ky Anh symbolisent l’esprit de résistance indomptable des combattants communistes et des habitants de Da Nang pendant la guerre contre les agresseurs américains. Soixante ans plus tard, les souvenirs de ces printemps passés sous terre restent vivaces, inspirant fierté et esprit révolutionnaire aux visiteurs de ce site historique national.
Une forteresse souterraine
En pleine guerre, les tunnels de Ky Anh se situaient à seulement 7 km du centre administratif du régime fantoche et à 2 km des bases américaines. Ils constituaient un maillon stratégique essentiel, assurant le transfert de vivres et de personnel entre les villages de la plaine de Thang Binh et les zones montagneuses de l’Ouest.
Aujourd’hui encore, la découverte de ce réseau souterrain, creusé dans un sol sablonneux, ne cesse de surprendre. Conçu avec ingéniosité et méthode, il offrait une protection efficace contre les bombardements et les opérations de ratissage, tout en permettant l’organisation d’embuscades.
Des touristes internationaux écoutent présenter le processus de formation des tunnels de Ky Anh. Photo: VNAHuynh Kim Ta, ancien combattant et guide sur le site, raconte qu’en mai 1965, face à l’invasion américaine et à la répression des villages libérés, l'organisation du Parti et la population de Ky Anh adoptèrent le mot d’ordre « pas un pouce de terrain perdu » et entreprirent la construction de tunnels pour résister. Creusés entre 1965 et 1967 sur une longueur de 32 km selon un plan en damier, ils mesuraient de 0,5 à 0,8 m de large et près d’1 m de hauteur. L’essentiel du réseau se concentrait dans les villages de Thach Tan et Vinh Binh, sur un sol sablonneux compact, particulièrement propice au creusement.
Les habitants travaillaient la nuit, éclairés à la bougie pour éviter de révéler leur position. Chaque tronçon de tunnel était conçu pour relier des maisons, des puits ou des sentiers de bambous, assurant à la fois approvisionnement en eau et communication secrète par signaux. Cette ingénieuse coordination illustre le lien étroit entre la population et les forces révolutionnaires.
Même pendant le Têt (Nouvel An lunaire), dans un contexte de grande pauvreté, les habitants de Ky Anh restaient optimistes. Lors du Têt Mau Than 1968, des milliers de villageois apportaient gâteaux du riz et vivres aux tunnels, prêts à participer aux actions politiques contre l’ennemi dès l’aube du 1er janvier du calendrier lunaire. Des activités culturelles simples, chants et danses, encourageaient le moral des combattants et des civils.
Un lieu de mémoire et de découverte pour le monde
En temps de paix, les tunnels de Ky Anh constituent une destination touristique attirant un nombre croissant de visiteurs étrangers. Sandra Woudstra, venue des Pays-Bas, évoque avec émotion ce réseau de 32 km creusé à la main, souvent inondé mais préservé grâce à la ténacité des habitants. L’Italien Mario Valerio Dattola souligne, quant à lui, l’ingéniosité des systèmes de communication entre surface et souterrain, ainsi que l’accueil chaleureux de la population locale.
Chaque année, ce site historique national accueille entre 12 000 et 15 000 visiteurs, vietnamiens comme étrangers. Photo: VNAChaque année, ce site historique national accueille entre 12 000 et 15 000 visiteurs, vietnamiens comme étrangers. Des écoles et institutions l’utilisent pour des visites éducatives ou des cérémonies de formation politique.
À travers la valorisation de ce site unique, la ville de Da Nang entend développer un tourisme expérientiel et communautaire, offrant au monde un témoignage vivant de la lutte pour l’indépendance nationale des Vietnamiens. -VNA/VI