Après un an de mise en œuvre de la Résolution 57-NQ/TW, des résultats significatifs ont été obtenus, mais des limites structurelles persistent, notamment l’insuffisance de scientifiques hautement qualifiés dans les secteurs stratégiques.
Le Premier ministre Pham Minh Chinh et les étudiants brillants. Photo: VNA
Le développement des ressources humaines en science et technologie est identifié par le Parti comme une mission stratégique essentielle afin de maîtriser et de développer les technologies clés dans la nouvelle phase de croissance. Après un an de mise en œuvre de la Résolution 57-NQ/TW, des résultats significatifs ont été obtenus, mais des limites structurelles persistent, notamment l’insuffisance de scientifiques hautement qualifiés dans les secteurs stratégiques.
Selon le Comité directeur central pour le développement des sciences, des technologies, de l’innovation et de la transformation numérique, le Vietnam fait face à un déficit de ressources humaines de haut niveau, alors même que la demande liée à la modernisation du modèle de croissance s’intensifie.
D’après le professeur et académicien Lê Truong Giang, vice-président de Académie des sciences et des technologies du Vietnam, le pays ne compte qu’environ 1.300 chercheurs par million d’habitants. Ce chiffre reste modeste comparé à la République de Corée (9.400 chercheurs par million d’habitants) ou à Singapour (7.000). Le nombre de professeurs et maîtres de conférences avoisine 7.000, mais leur proportion rapportée au nombre d’étudiants demeure faible, nettement en deçà des niveaux observés en Chine ou aux États-Unis.
Si certains domaines de recherche fondamentale ont atteint un niveau proche des standards internationaux, l’effectif global reste limité et inégalement réparti. Certaines disciplines scientifiques de base souffrent même d’un manque critique de personnel, menaçant la continuité de filières entières.
Face à ces défis, des efforts ont été engagés. L’Université des sciences et des technologies de Hanoï constitue un modèle de formation internationalisée, avec plus de 4.000 étudiants, des programmes dispensés en anglais et plusieurs filières liées aux technologies stratégiques telles que les semi-conducteurs, l’aéronautique ou les technologies spatiales. L’intégration étroite entre formation et recherche permet aux étudiants de participer directement à des projets scientifiques concrets, favorisant l’émergence d’une nouvelle génération de chercheurs.
De son côté, l’Académie des sciences et des technologies développe un modèle associant institut et université, avec 48 spécialités doctorales et 18 programmes de master. Chaque année, environ 500 doctorants et 200 étudiants en master sont recrutés, plusieurs thèses donnant lieu à des publications internationales, témoignant d’une qualité en progression.
Cependant, selon le professeur Trân Tuân Anh, vice-président de l’Académie, la formation demeure confrontée à des contraintes majeures. Le nombre d’étudiants orientés vers les filières scientifiques et technologiques reste insuffisant au regard des besoins croissants en semi-conducteurs, intelligence artificielle, nouveaux matériaux ou énergies renouvelables. Par ailleurs, l’absence d’un écosystème d’innovation suffisamment structuré limite la capacité des entreprises nationales à absorber les talents formés, entraînant une fuite des compétences vers le secteur privé ou l’étranger.
Les mécanismes d’autonomie dans la gestion et la valorisation des actifs issus de la recherche, notamment la propriété intellectuelle, demeurent également entravés par des obstacles institutionnels. Ces insuffisances affectent la motivation des chercheurs et la capacité à transformer les résultats scientifiques en applications concrètes.
Pour surmonter ces défis, les experts préconisent trois orientations prioritaires : inscrire la formation aux technologies stratégiques dans des programmes nationaux dotés de ressources adéquates ; renforcer la coopération effective entre l’État, les scientifiques et les entreprises ; et lever les obstacles liés à la gestion des actifs publics et à la valorisation des résultats de recherche.
Dans le contexte actuel, le développement d’un corps de scientifiques hautement qualifiés apparaît comme un levier décisif pour garantir la maîtrise des technologies stratégiques et assurer une croissance durable au niveau national. -VNA/VI