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Petites entreprises sous pression numérique

Confrontées à des obligations numériques croissantes, les petites entreprises peinent à suivre le rythme, faute de ressources suffisantes, transformant la numérisation en une course sous pression.
  Les agences publiques accompagneront la transition numérique des entreprises. Photo: baodautu.vn  

La transformation numérique est considérée comme un levier essentiel pour améliorer la productivité, réduire les coûts et renforcer la compétitivité des entreprises. Cependant, pour de nombreuses petites entreprises, la numérisation ne commence pas par une stratégie, mais par une pression de conformité, lorsque le fait de « respecter les réglementations à temps » devient parfois plus important que l’optimisation de l’efficacité.

Ces deux dernières années, parallèlement aux réformes des procédures administratives et à la promotion du gouvernement numérique, les entreprises ont été contraintes de s’adapter à une série d’exigences numériques telles que la facturation électronique, la signature numérique, les déclarations et paiements d’impôts en ligne, ainsi que la connexion des données avec les autorités de gestion.

Si ce processus se déroule de manière relativement fluide pour les grandes entreprises disposant de structures de gouvernance solides et de ressources financières suffisantes, il constitue en revanche une véritable « course contre la montre » pour les petites entreprises, qui représentent plus de 95 % du nombre total d’entreprises en activité.

Selon Nguyen Van Khoa, directeur d’une entreprise de distribution d’une trentaine de salariés à Hanoï, la mise en œuvre des systèmes numériques ne répond pas à un besoin de restructuration ou d’amélioration de la gestion, mais simplement à une condition de survie. « Pour les petites entreprises, la transformation numérique sert d’abord à continuer d’exister », souligne-t-il.

L’un des principaux défis auxquels sont confrontées les petites entreprises réside dans le coût de la numérisation, incluant à la fois des coûts visibles et invisibles. Outre les investissements initiaux dans les logiciels comptables, la facturation électronique et la signature numérique, les entreprises doivent assumer des frais de maintenance annuels, de conseil, de formation du personnel, voire des coûts liés à la correction d’erreurs lorsque les systèmes ne fonctionnent pas encore de manière optimale.

« Lorsque l’on additionne tous ces coûts, les dépenses annuelles liées à la numérisation de mon entreprise équivalent au salaire d’un travailleur qualifié », explique Le Thuy Linh, propriétaire d’un atelier de production de thé à Tan Cuong, dans la province de Thai Nguyen.

Plus préoccupant encore, le coût le plus élevé ne réside pas nécessairement dans les logiciels, mais dans le risque d’erreurs. Une simple anomalie de format de données ou une petite inexactitude dans une déclaration électronique peut entraîner des sanctions administratives.

Dans un contexte où les exigences de conformité sont élevées et les sanctions de plus en plus explicites, la transformation numérique, qui devrait être un processus d’apprentissage et d’amélioration, tend à devenir un risque juridique latent pour les petites entreprises.

Selon les entreprises concernées, le problème ne réside pas dans l’orientation de la numérisation elle-même, mais dans la vitesse et les modalités de sa mise en œuvre, alors que les capacités technologiques, humaines et financières des petites entreprises demeurent limitées.

La résolution n° 02/2026/NQ-CP du gouvernement vise à améliorer le climat des affaires, à réduire les coûts de conformité et à placer les entreprises au centre de l’action publique. Toutefois, du point de vue des petites entreprises, l’écart entre l’esprit des politiques et leur mise en œuvre concrète reste considérable.

« La numérisation est une tendance irréversible, mais si elle est perçue uniquement comme une obligation de conformité, les entreprises se contenteront de la mettre en œuvre formellement, sans en tirer de gains réels en matière de productivité et de compétitivité », estime Le Thuy Linh.-VNA/VI


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