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Participation féminine aux élections législatives : un signal encourageant pour l’égalité des genres au Vietnam

À l’occasion des élections de l’Assemblée nationale de la 16ᵉ législature, la Représentante d’UN Women au Vietnam souligne que la proportion de plus de 45 % de femmes candidates constitue un signe positif, reflétant les progrès du pays dans la promotion de l’égalité des genres et la participation des femmes à la vie politique.
  Des députées de l’Assemblée nationale lors de la séance d’ouverture de la 9ᵉ session de la 15ᵉ législature de l’Assemblée nationale. Photo : VNA  

Le 15 mars, près de 79 millions d’électeurs à travers le pays ont participé au scrutin visant à élire les députés de l’Assemblée nationale de la 16ᵉ législature ainsi que les membres des Conseils populaires à tous les niveaux pour le mandat 2026-2031.

À cette occasion, la Représentante d’UN Women au Vietnam, Caroline Nyamayemombe, a partagé avec l’Agence vietnamienne d’information (VNA) ses appréciations sur la participation des femmes à la vie politique au Vietnam ainsi que sur les conditions favorables mises en place par le pays pour promouvoir l’égalité des genres dans ce domaine.

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La Représentante d’UN Women au Vietnam, Caroline Nyamayemombe. Photo : VNA

Selon Caroline Nyamayemombe, le fait que plus de 45 % des 864 candidats aux élections législatives de la 16ᵉ législature soient des femmes constitue un signal très encourageant. Ce taux dépasse le seuil minimal de 35 % prévu par la législation électorale vietnamienne et témoigne d’une évolution positive en faveur de la participation des femmes aux fonctions de direction et aux processus décisionnels.

Elle estime que ce chiffre reflète trois éléments importants. Tout d’abord, les femmes vietnamiennes manifestent de plus en plus leur volonté et leur capacité de participer aux processus d’élaboration des politiques et de prise de décision, en apportant leurs perspectives et leurs expériences de vie à la construction et à la mise en œuvre des lois au service du développement national. Au fil des années, elles ont démontré leur résilience et leur contribution croissante au développement socio-économique du pays.

Ensuite, ce taux élevé de candidates reflète également un soutien croissant des familles et de la société à l’engagement politique des femmes. Dans de nombreux pays, les stéréotypes de genre et l’idée selon laquelle les femmes doivent avant tout assumer les responsabilités familiales constituent encore des obstacles à leur participation à la politique. Dans ce contexte, l’appui des familles et des communautés au Vietnam joue un rôle essentiel pour encourager les femmes à s’engager davantage dans les affaires publiques.

Par ailleurs, cette évolution est aussi le résultat des efforts soutenus du Vietnam pour mettre en place un cadre juridique et des politiques favorisant l’égalité des genres, ainsi que des investissements à long terme dans l’éducation et le renforcement des capacités. Ces facteurs ont contribué à créer un environnement plus favorable à la participation des femmes aux postes de direction et aux processus décisionnels.

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Le 9 décembre 2025 au soir, à Hanoï, le président de l’Assemblée nationale, Trân Thanh Mân, assiste à la cérémonie de clôture des activités du Groupe des femmes députées de l’Assemblée nationale pour la 16ᵉ législature. Photo : VNA.

Du point de vue d’UN Women, la progression du nombre de femmes candidates confirme le rôle et la position de plus en plus importants des femmes vietnamiennes dans la vie politique. Elle transmet également un message positif à la jeune génération, en montrant que la participation politique constitue une voie accessible et encouragée pour les femmes.

Évoquant la contribution des femmes aux organes de décision, Caroline Nyamayemombe souligne que leur présence contribue à promouvoir l’égalité des genres, à améliorer la qualité de la gouvernance publique et à diversifier les voix au sein des institutions législatives. Pour bâtir un système de gouvernance efficace, les organes de décision doivent refléter les perspectives de différents groupes sociaux.

Lorsque les femmes participent à la vie politique, elles apportent des points de vue et des expériences étroitement liés à la vie quotidienne des citoyens. Cela permet d’élaborer des politiques publiques plus complètes et mieux adaptées à la réalité. Les données parlementaires mondiales montrent d’ailleurs que lorsque les femmes sont véritablement représentées dans les organes législatifs, les politiques publiques accordent davantage d’attention aux questions liées au quotidien des populations, telles que la santé, l’éducation, la sécurité sociale, l’égalité devant la loi et le bien-être des communautés.

À l’échelle mondiale, les femmes occupent actuellement environ 26 % des sièges parlementaires. Bien que ce chiffre ait progressé au cours de la dernière décennie, l’équilibre entre les sexes n’est pas encore atteint. Au Vietnam, les femmes représentaient environ 30 à 31,6 % des députés de la 15ᵉ législature, ce qui place le pays parmi les États ayant un taux relativement élevé de représentation féminine dans la région Asie-Pacifique.

Selon Caroline Nyamayemombe, l’intégration de perspectives plus diversifiées au sein du Parlement enrichit les débats et permet d’élaborer des politiques plus proches des réalités de la vie quotidienne. Cela contribue à construire un système de gouvernance plus inclusif, centré sur les citoyens et bénéfique pour l’ensemble de la société.

S’agissant des conditions favorables mises en place par le Vietnam pour promouvoir la participation politique des femmes, elle estime que le pays a adopté plusieurs mesures pertinentes. L’un des éléments clés est la mise en œuvre de la Stratégie nationale pour l’égalité des genres pour la période 2021-2030, qui fixe des objectifs concrets concernant la proportion de femmes dans les organes élus ainsi que dans les postes de direction au sein du système politique, du secteur public et de l’économie.

En outre, les organisations de masse, telles que l’Union des femmes vietnamiennes et l’Union de la jeunesse, jouent un rôle important dans l’identification, la formation et le développement d’un vivier de femmes susceptibles de participer à la vie politique.

La formation et le renforcement des compétences des cadres constituent également un facteur déterminant. Les programmes de formation mis en œuvre à l’Académie nationale de politique Ho Chi Minh contribuent à préparer les futurs dirigeants et gestionnaires. Selon Caroline Nyamayemombe, l’intégration d’objectifs visant à renforcer davantage la formation des femmes permettrait d’élargir le vivier de dirigeantes à l’avenir.

Par ailleurs, les programmes de coopération internationale ainsi que les échanges culturels et académiques contribuent à faire évoluer les perceptions sociales concernant le rôle des femmes et à offrir davantage d’opportunités de développement dans des domaines tels que la science, la gouvernance et la diplomatie. UN Women, en collaboration avec d’autres agences des Nations unies comme le Programme des Nations Unies pour le développement et l’UNESCO, participe actuellement à plusieurs initiatives visant à promouvoir le leadership féminin au Vietnam.

Dans le contexte où le Vietnam entre dans une nouvelle phase de développement, Caroline Nyamayemombe souligne que la poursuite des investissements tant dans les politiques publiques que dans le développement des ressources humaines demeure essentielle pour renforcer la participation politique des femmes.

Il est notamment nécessaire de poursuivre la mise en œuvre effective des objectifs en matière d’égalité des genres, en particulier ceux relatifs au leadership féminin dans la Stratégie nationale pour l’égalité des genres, à travers des mécanismes de suivi et des ressources appropriées. Parallèlement, l’élargissement des programmes de formation, de mentorat et de mise en réseau des femmes leaders est également crucial, notamment pour les jeunes femmes, les candidates pour la première fois et celles travaillant dans le secteur public.

Elle souligne également l’importance de poursuivre les efforts visant à déconstruire les stéréotypes de genre et à promouvoir un partage plus équitable des responsabilités familiales, notamment en ce qui concerne les tâches de soins non rémunérées. Cela permettrait aux femmes de disposer de davantage de temps et d’opportunités pour participer aux activités sociales et politiques.

Selon Caroline Nyamayemombe, les femmes vietnamiennes disposent pleinement des capacités nécessaires pour s’affirmer et contribuer activement au développement du pays dans cette nouvelle ère, à condition de continuer à bénéficier de conditions et d’opportunités favorables.- VNA/VI


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