L’économie circulaire n’est plus un simple choix politique : elle est devenue une tendance incontournable pour assurer une croissance durable et verte, renforcer la compétitivité nationale et internationale et atteindre l’objectif de neutralité carbone du Vietnam d’ici 2050. Elle constitue désormais une condition essentielle à la pérennité de l’expansion économique, notamment dans la production industrielle et les industries connexes.
Dans la commune de Xa Phien, à Can Tho, des agriculteurs réutilisent la paille de riz après la récolte pour cultiver des champignons. Photo : Duy Khuong – VNA
Le Vietnam construit un écosystème d’« économie circulaire » en boucle fermée, le secteur industriel étant le moteur du changement le plus radical et transformateur.
Cette transition intervient alors que l’économie mondiale est confrontée à des pressions croissantes liées à l’épuisement des ressources, au changement climatique, à la pollution environnementale et aux limites du modèle de croissance linéaire traditionnel.
Une voie incontournable vers une croissance verte et durable
L’économie circulaire n’est plus un simple choix politique : elle est devenue une tendance incontournable pour assurer une croissance durable et verte, renforcer la compétitivité nationale et internationale et atteindre l’objectif de neutralité carbone du Vietnam d’ici 2050. Elle constitue désormais une condition essentielle à la pérennité de l’expansion économique, notamment dans la production industrielle et les industries connexes.
Depuis le début des années 2020, le Parti et l’État vietnamiens ont démontré un engagement constant en faveur de cette approche. Les principes fondamentaux consistent à aligner le développement de l’économie circulaire sur une refonte plus large du modèle de croissance, à placer les entreprises au centre tout en confiant à l’État un rôle de soutien, à combiner les mécanismes de marché et les politiques réglementaires, et à accélérer l’innovation ainsi que l’adoption des sciences et technologies.
Chu Viet Cuong, directeur du Centre de soutien au développement industriel auprès du ministère de l'Industrie et du Commerce, a déclaré que ces politiques ont été formalisées par la loi de 2020 sur la protection de l'environnement et une série de décrets et décisions connexes.
Cela marque un changement fondamental dans la gouvernance, passant du contrôle de la pollution et de l'atténuation des impacts à une gestion complète du cycle de vie des produits, couvrant l'extraction des ressources, la production, la consommation et le traitement des déchets.
L'économie circulaire constitue désormais la pierre angulaire d'un cadre politique moderne et intersectoriel englobant l'environnement, la finance, l'industrie, le commerce et l'investissement.Ces dernières années, de nombreux modèles de production verte fondés sur les principes de l'économie circulaire ont émergé, illustrant l'adaptabilité des entreprises nationales.
L'élevage de tortues associé à la culture du durian permet de réduire les coûts de production et d'accroître la rentabilité du produit. Photo : Thu Hien - VNA
Les écosystèmes développés par Vingroup, Gamuda et DoGreen ont été pionniers dans les technologies de gazéification des déchets pour la production d'énergie, exploitant efficacement les sources d'énergie renouvelables et atteignant, dans certains cas, des émissions de carbone négatives.
Cependant, la plupart des entreprises s'engagent dans une transition écologique principalement au sein de leurs propres opérations. Les chaînes de valeur pleinement intégrées et en boucle fermée, qui reflètent véritablement l'essence d'une économie circulaire, restent limitées.
Opportunités stratégiques d'intégration mondiale et de compétitivité
Pham Van Quan, directeur adjoint de l'Agence industrielle du ministère de l'Industrie et du Commerce, a souligné que les entreprises sont confrontées à de multiples obstacles, notamment des coûts d'investissement initiaux élevés, une pénurie de main-d'œuvre qualifiée, des difficultés d'application des politiques et des incertitudes quant au choix des technologies et des partenariats. Si les entreprises sont au cœur de l'économie circulaire, le rôle de l'État en matière d'orientation, de réglementation et d'allocation des ressources demeure crucial.
Selon l'Agence industrielle, l'économie circulaire requiert des politiques adaptées pour aider les entreprises à repenser leurs modèles de production, à développer des parcs éco-industriels, à déployer des technologies de pointe et à renforcer leurs liens nationaux et internationaux afin de bâtir des écosystèmes compétitifs.
La SARL Maxport Vietnam Co, basée dans la province Hung Yên, est une entreprise pionnière du secteur textile et de l'habillement en matière d'économie circulaire, notamment grâce à ses investissements dans les énergies renouvelables. Photo : Tran Viet - VNA
Le professeur associé Bui Quang Tuan, vice-président de l’Association vietnamienne des sciences économiques, a affirmé que l’économie circulaire est une tendance irréversible pour le Vietnam. Le numérique constitue un moteur essentiel et une porte d’entrée vers des opportunités stratégiques d’intégration et de compétitivité mondiales.
Comparant différents modèles — de l’approche institutionnelle de l’Union européenne au modèle étatique chinois, en passant par la gouvernance renouvelée et l’innovation d’Apple et d’IKEA —, il a suggéré que le Vietnam adopte un modèle hybride combinant ces trois approches.La période 2025-2030 s’annonce comme une phase charnière, offrant au secteur industriel vietnamien une opportunité stratégique de passer d’une économie linéaire à une économie circulaire.
Cette transition permettra aux fabricants d’intégrer des chaînes d’approvisionnement vertes, d’accélérer le recyclage et d’investir dans de nouveaux matériaux ainsi que dans des technologies de pointe pour remplacer les matériaux conventionnels.
Pour y parvenir, le Vietnam doit renforcer et mettre en œuvre trois piliers stratégiques : un cadre institutionnel solide, des technologies avancées et des mécanismes financiers adaptés, a-t-il déclaré, ajoutant que l’investissement dans une main-d’œuvre qualifiée, la coopération internationale en matière d’applications technologiques et les campagnes de sensibilisation du public seront essentiels./.