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Les exportations vietnamiennes de fruits et légumes en hausse de près de 18 % au premier semestre

Les exportations vietnamiennes de fruits et légumes ont poursuivi leur forte progression au premier semestre 2026, atteignant près de 3,65 milliards de dollars, soit une hausse de 17,8 % sur un an. Portée par la demande soutenue des principaux marchés d’importation et par les performances de produits phares tels que le durian, la filière accélère sa transition vers un modèle de croissance fondé sur la qualité, la valeur ajoutée et le développement durable.
  Les pamplemousses destinés à l'exportation. Photo: VNA  

Les exportations vietnamiennes de fruits et légumes ont maintenu une dynamique de croissance soutenue au cours des six premiers mois de l’année 2026, confirmant leur place parmi les secteurs les plus performants de l’agriculture vietnamienne. Selon le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement, les exportations du secteur ont généré environ 2,18 milliards de dollars au deuxième trimestre, portant leur valeur cumulée à près de 3,65 milliards de dollars au premier semestre, en hausse de 17,8 % par rapport à la même période de 2025.

Le ministère estime que l’offre est demeurée suffisante durant le deuxième trimestre, permettant d’assurer un approvisionnement stable du marché sans pénurie ni fluctuations inhabituelles des prix.

Grâce à une offre abondante et à une demande soutenue, les perspectives demeurent favorables pour l’ensemble de l’année 2026. Les autorités considèrent également que la progression des exportations ne devrait pas exercer de pression significative sur les prix à la consommation sur le marché intérieur.

La croissance continue d’être portée par plusieurs produits stratégiques. Selon l’Association vietnamienne des fruits et légumes, les exportations de durian ont atteint près de 562 millions de dollars au cours des cinq premiers mois de l’année, soit une progression de près de 46 % en glissement annuel. Le durian demeure ainsi le premier produit d’exportation de la filière. Les noix de coco et les litchis enregistrent également une croissance à deux chiffres, soutenue par une forte demande en provenance notamment de Chine, des États-Unis et de la République de Corée.

D’après le Département des cultures et de la protection des végétaux, le Vietnam compte actuellement environ 192.000 hectares de vergers de durians. Après une production estimée à 1,8 million de tonnes en 2025, celle-ci devrait atteindre entre 2 et 2,1 millions de tonnes en 2026. Les durians vietnamiens sont désormais exportés vers 28 marchés à travers le monde.

Pour Nguyên Quôc Manh, directeur adjoint du Département des cultures et de la protection des végétaux, la Chine demeure de loin le premier marché des fruits et légumes vietnamiens. Ces dernières années, les exportations vers ce pays ont enregistré une croissance annuelle comprise entre 65 % et 70 %, ce qui souligne l’importance de préserver et d’élargir l’accès à ce marché stratégique.

Parallèlement, le ministère poursuit les négociations visant à ouvrir de nouveaux débouchés pour plusieurs fruits sur des marchés à forte valeur ajoutée, notamment les États-Unis, le Japon, la République de Corée, l’Australie et d’autres partenaires, dans le but de réduire la dépendance à un seul marché et de diversifier les destinations des produits agricoles vietnamiens.

Selon Nguyên Quôc Manh, la filière connaît actuellement une évolution structurelle profonde. Alors que son développement reposait auparavant sur l’extension des surfaces cultivées, les marges de progression dans ce domaine sont désormais limitées. Le secteur privilégie aujourd’hui un modèle de croissance fondé sur l’amélioration de la qualité, la création de valeur ajoutée et la durabilité. Cette évolution s’accompagne toutefois de nouveaux défis. Les marchés importateurs, en particulier la Chine, l’UE et d’autres destinations haut de gamme, imposent des exigences de plus en plus strictes en matière de qualité, de sécurité sanitaire et de traçabilité des produits.

«Pour exporter, les produits vietnamiens doivent impérativement satisfaire à l’ensemble des normes et réglementations des pays importateurs. Il s’agit d’une exigence incontournable », a souligné Nguyên Quôc Manh.

À ces contraintes s’ajoutent la hausse des coûts des intrants, liée aux évolutions de la conjoncture économique et géopolitique mondiale, ainsi que la nécessité de renforcer la gestion des codes des zones de production, la fertilité des sols, les normes de culture et les systèmes de traçabilité afin d'améliorer la compétitivité du secteur.

Il a également relevé que la recherche variétale ne répondait pas encore pleinement aux besoins de développement de la filière, le Vietnam demeurant fortement dépendant des semences de légumes importées. Au cours des cinq prochaines années, le ministère mettra en œuvre plusieurs programmes scientifiques destinés à sélectionner et développer des variétés adaptées aux conditions nationales, tant pour la consommation fraîche que pour la transformation industrielle.

À plus long terme, la stratégie de développement ne se limitera pas à moderniser les méthodes de production. Elle prévoit une transformation de l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis la production jusqu’à la transformation, aux marchés et aux mécanismes de financement. Cette orientation s’inscrit dans le projet national de réduction des émissions dans les cultures pour la période 2025-2035, avec une vision à l’horizon 2050, afin de promouvoir une agriculture plus verte, plus compétitive, plus résiliente et génératrice de revenus plus élevés pour les producteurs. -VNA/VI


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