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Le Vietnam veut mieux intégrer ses entreprises aux chaînes de valeur

Le Vietnam entend renforcer les liens entre grandes et petites entreprises et avec le secteur des IDE afin d’accroître les capacités des entreprises nationales et leur participation aux chaînes de valeur.

 Le Vietnam doit créer un écosystème reliant grandes et petites entreprises, renforcer leurs capacités et progresser dans la maîtrise des chaînes de valeur, tout en combinant ressources internationales et forces internes pour créer une nouvelle dynamique de développement.

  Des visiteuses étrangères cherchent à acheter des objets artisanaux vietnamiens. Photo: VNA  

 

Malgré l’affirmation croissante des entreprises vietnamiennes et de leurs marques à l’international, la vulnérabilité des petites et micro-entreprises, qui représentent 98% du nombre total, demeure préoccupante. Au cours des sept premiers mois de 2026, environ 155.300 entreprises se sont retirées du marché, soit une hausse de 7,6% sur un an, alors que près de 187.200 ont été créées ou ont repris leurs activités.

Face à cette situation, les experts préconisent d’aller au-delà du simple soutien à la survie des entreprises en structurant un écosystème reliant grandes et petites entreprises. L’objectif est d’aider les petites entreprises à trouver des débouchés, à renforcer progressivement leurs capacités et à s’intégrer davantage aux chaînes de valeur.

Selon le professeur associé et docteur Nguyen Thuong Lang, de l’Institut du commerce et de l’économie internationale de l’Université d’économie nationale, le Vietnam doit saisir les opportunités offertes par la restructuration des chaînes d’approvisionnement mondiales pour dépasser le rôle de simple sous-traitant et devenir un partenaire stratégique, capable de participer à la gestion des chaînes de valeur et de répondre aux exigences du développement durable.

Nguyen Thuong Lang a également souligné la nécessité de renforcer les capacités des entreprises nationales et de favoriser l’émergence de grandes entreprises jouant un rôle locomotive, capables de créer des marchés, de fixer des normes et d’entraîner dans leur sillage un réseau de petites et moyennes entreprises.

Pour le docteur Phan Duc Hieu, membre permanent de la Commission économique et financière de l’Assemblée nationale, le Vietnam doit construire ses propres chaînes de valeur, sous l’impulsion de grandes entreprises nationales, tout en renforçant les liens avec le secteur à capitaux étrangers. Il s’agit notamment de faire évoluer les entreprises nationales vers des activités à plus forte valeur ajoutée, jusqu’à la maîtrise des produits, des marques et des marchés.

Cette dynamique s’inscrit dans le cadre de la Résolution n°10 du Bureau politique, qui marque un changement fondamental d’approche vis-à-vis des investissements étrangers. L’accent n’est plus mis sur la seule attraction des capitaux, mais sur le renforcement des capacités des entreprises nationales et de leurs liens avec le secteur des investissements directs étrangers (IDE). Les objectifs à l’horizon 2030 prévoient un taux moyen de localisation de 45 à 50% dans les principales industries et la participation d’environ 10.000 entreprises nationales aux chaînes de valeur et d’approvisionnement des entreprises d’IDE.​

Pour rehausser la position des entreprises vietnamiennes dans les chaînes de valeur et renforcer leurs liens avec les partenaires étrangers, le docteur Phan Duc Hieu a souligné l’importance de se doter d’un tissu d’entreprises nationales suffisamment solide pour absorber les technologies, les normes, les méthodes de gestion et les marchés des grands groupes, tout en construisant progressivement ses propres chaînes de valeur.

Une autre solution importante consiste à créer des intermédiaires capables de faciliter les mises en relation et d’instaurer la confiance entre les deux secteurs. De nombreuses entreprises d’IDE peinent à trouver des partenaires vietnamiens répondant à leurs exigences, tandis que les entreprises vietnamiennes manquent d’informations et de mécanismes de garantie pour accéder aux grands groupes.

Des résultats sont déjà enregistrés dans ce domaine. Le programme de développement des fournisseurs mené par le ministère de l’Industrie et du Commerce et Samsung a contribué à faire passer le nombre d’entreprises vietnamiennes fournisseurs de premier et deuxième rang de 25 en 2014 à 306 à la fin de 2023.

À terme, l’objectif est de faire émerger des écosystèmes pilotés par les entreprises vietnamiennes elles-mêmes. L’ambition ne se limite plus au « Made in Vietnam », mais vise progressivement le « Created by Vietnam » et le « Led by Vietnamese enterprises ». -VNA/VI


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