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Le Vietnam renforce les ressources humaines pour son programme électronucléaire

Le Vietnam renforce la formation de ressources humaines qualifiées afin de répondre aux exigences de sûreté et de soutenir durablement la relance de son programme électronucléaire.

Le développement de ressources humaines répondant aux exigences des pays fournisseurs de technologies et de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) constitue l’un des fondements essentiels pour que le Vietnam déploie son programme électronucléaire de manière sûre et efficace. Dans le contexte de la relance de ce programme, l’enjeu ne se limite pas aux besoins en personnel des centrales, mais s’étend à la constitution progressive d’équipes compétentes en matière de gestion, de réglementation, de recherche et d’appui technique.

  Vue du site de la centrale nucléaire de Ninh Thuan 1, dans la commune de Phuoc Dinh (Khanh Hoa). Photo : VNA  

 
Selon des spécialistes du secteur, la construction et l’exploitation d’une centrale nucléaire s’étendent sur plusieurs décennies. Le Vietnam doit prendre l’initiative de former des cadres afin qu’ils soient capables de réaliser, de manière indépendante, des expertises et des évaluations de sûreté, de vérifier les calculs techniques et de soutenir durablement le programme nucléaire.

Pour répondre à ces besoins, le gouvernement a adopté plusieurs plans de développement des ressources humaines. Selon la Décision 1012/QD-TTg, les besoins pour les centrales nucléaires de Ninh Thuan 1 et 2 s’élèvent respectivement à environ 1.920 et 1.980 personnes d’ici 2030.

À ce jour, les investisseurs des projets de centrales nucléaires, en coordination avec le ministère de l’Éducation et de la Formation, des partenaires technologiques et des organismes expérimentés, ont élaboré des plans globaux de formation et commencé leur mise en œuvre. Le Centre de formation nucléaire de l’Institut de l’énergie atomique du Vietnam (VINATOM) a intensifié ses programmes, notamment en faveur des cadres de PetroVietnam (PVN) et des doctorants dans des spécialités directement liées aux besoins du secteur électronucléaire.

Toutefois, ce processus se heurte à deux obstacles majeurs : la pénurie d’enseignants spécialisés et l’insuffisance des infrastructures. Le Dr Tran Chi Thanh, directeur de VINATOM, précise que l’Institut ne compte qu’une dizaine d’experts en énergie nucléaire et dans les domaines connexes aptes à enseigner, dont la plupart sont déjà à la retraite ou proches de l’âge de la retraite.

Face à ces défis, des experts préconisent de structurer la formation universitaire en fonction des besoins réels en ressources humaines et des compétences requises pour chaque poste. Le Vietnam devrait investir dans la création ou le renforcement de départements de génie nucléaire au sein de deux de ses meilleures universités techniques, avec des programmes de formation aux normes internationales, des infrastructures et laboratoires adaptés et un corps enseignant qualifié, tout en renforçant la formation et les stages à l’étranger.

Nguyen Hoang Linh, chef du Département de la sûreté radiologique et nucléaire, souligne l’importance d’une stratégie d’investissement à long terme et de mécanismes adaptés pour développer et maintenir un corps d’experts. Il appelle également à renforcer la coopération avec l’AIEA et les pays dotés d’une industrie nucléaire développée en matière de formation et d’échanges d’experts.

Enfin, plusieurs scientifiques suggèrent de lier la formation à long terme aux grands centres de recherche nucléaire dans le monde. Une piste de coopération à renforcer concerne les relations entre le Vietnam et l’Institut unifié de recherches nucléaires de Dubna, une organisation scientifique internationale basée en Russie. Le Vietnam est l’un des pays fondateurs de l’Institut et a apporté d’importantes contributions à son développement. -VNA/VI


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