Dans un contexte de profonde restructuration du commerce mondial, le ministère de l’Industrie et du Commerce vise à maintenir une croissance des exportations comprise entre 15 et 16 %, tout en ambitionnant un excédent commercial supérieur à 23 milliards de dollars, contribuant ainsi de manière significative à l’objectif d’une croissance du PIB à deux chiffres à l’horizon 2026.
Le Vietnam mise sur la résilience et la diversification pour maintenir son élan d'exportation. Photo: VNA
Dans un contexte de profonde restructuration du commerce mondial, marqué par des tensions géopolitiques et des fluctuations économiques, le Vietnam s’efforce d’adapter son appareil exportateur aux nouvelles exigences internationales.
Alors que les barrières techniques se multiplient et que les normes de qualité, de traçabilité et de responsabilité sociale deviennent de plus en plus strictes, de nouveaux défis se posent pour les importations et les exportations du pays. Dans ce contexte, le ministère de l’Industrie et du Commerce vise à maintenir une croissance des exportations comprise entre 15 et 16 %, tout en ambitionnant un excédent commercial supérieur à 23 milliards de dollars, contribuant ainsi de manière significative à l’objectif d’une croissance du PIB à deux chiffres à l’horizon 2026.
L'industrie du bois de Hô Chi Minh-Ville s'est fixé un cap ambitieux : atteindre 15 milliards de dollars d'exportations d'ici 2035. Photo : VNA
Le secteur des produits halieutiques illustre cette dynamique contrastée. Après avoir atteint un record historique de 11,3 milliards de dollars en 2025, il a poursuivi sa progression au début de 2026 avec un chiffre d’affaires de 1,7 milliard de dollars, en hausse de 20 %. Toutefois, cette performance s’accompagne de nombreux défis.
Selon Le Hang, secrétaire générale adjointe de l’Association des exportateurs et producteurs de produits aquatiques du Vietnam (VASEP), la hausse des coûts logistiques liée aux tensions au Moyen-Orient affecte fortement les exportations vietnamiennes. Le détournement des navires via l’Afrique pour rejoindre l’Europe ou la côte est des États-Unis rallonge les délais de transport d’une à deux semaines, tout en renchérissant les primes d’assurance et les coûts des matières premières.
À ces contraintes logistiques s’ajoute une pression réglementaire accrue, notamment sur le marché américain, où des droits antidumping élevés, atteignant parfois 26 %, ont entraîné une baisse marquée des exportations de crevettes en février.
Le marché des Émirats arabes unis constitue également une opportunité prometteuse, mais fragilisée par l’instabilité régionale. Bien que l’entrée en vigueur de l’Accord de partenariat économique global (CEPA) en février ait stimulé les échanges, les exportateurs vietnamiens restent confrontés à des risques croissants de perturbations logistiques et de volatilité des prix du carburant.
Les textiles et les vêtements constituent l'un des principaux produits d'exportation du Vietnam vers la Russie. Photo : VNA
Face à ces incertitudes, l’industrie textile, autre pilier de l’économie nationale, s’efforce de réduire sa dépendance à l’égard des marchés traditionnels tels que les États-Unis et l’Union européenne, qui représentent actuellement près de 90 % de ses exportations.
Truong Van Cam, vice-président de l’Association du textile et de l’habillement du Vietnam (VITAS), recommande au ministère de l’Industrie et du Commerce de poursuivre son soutien aux entreprises, notamment en intensifiant les activités de promotion commerciale vers de nouveaux marchés à fort potentiel.
Selon lui, pour tirer pleinement parti des accords de libre-échange, le Vietnam doit impérativement renforcer son autonomie en matière d’approvisionnement en matières premières et attirer des investissements étrangers à haute valeur technologique, en particulier dans les secteurs du tissage et de la teinture.
Face à ces défis systémiques, la diffusion d’informations et d’alertes précoces apparaît essentielle pour permettre aux entreprises d’anticiper leur production et de s’adapter rapidement aux évolutions du marché. Nguyen Anh Son, directeur de l’Agence du commerce extérieur (ministère de l’Industrie et du Commerce), a indiqué que son ministère continuerait de suivre de près l’évolution des marchés afin de proposer au gouvernement des orientations adaptées et d’assurer une coordination efficace entre les différents ministères et secteurs.
Parallèlement, le réseau des bureaux commerciaux à l’étranger est appelé à renforcer la surveillance des marchés afin de fournir en temps opportun des informations actualisées et des alertes précoces.-VNA/VI