Le Vietnam entend faire de la médecine traditionnelle un pilier de son système de santé et un secteur économique à forte valeur ajoutée. La stratégie nationale adoptée à l’horizon 2030, avec une vision jusqu’en 2045, mise sur l’intégration des soins traditionnels et modernes, le développement de l’industrie des plantes médicinales, l’innovation scientifique et la valorisation des savoirs ancestraux, tout en renforçant le rayonnement international du pays.
La vice-Première ministre Pham Thi Thanh Tra a signé, le 13 octobre 2026, la décision n° 1976/QD-TTg approuvant la Stratégie nationale de développement de la médecine traditionnelle à l’horizon 2030, avec vision jusqu’en 2045.
Le Vietnam entend faire de la médecine traditionnelle un pilier de son système de santé et un secteur économique à forte valeur ajoutée. Photo: VNA
Cette stratégie vise à faire de la médecine traditionnelle une composante majeure du système national de santé, en développant de manière cohérente les soins, la formation, la recherche scientifique, les technologies, la filière des plantes médicinales et leur transformation industrielle. Elle ambitionne également de faire émerger un secteur économique à forte valeur ajoutée, contribuant au développement de l’économie de la santé, du tourisme médical et au rayonnement international du Vietnam.
Des objectifs concrets à l’horizon 2030
D’ici à 2030, toutes les provinces et villes devront disposer d’un hôpital de médecine traditionnelle. Parmi ces établissements, 70 % devront compter au moins 300 lits. Tous les hôpitaux gériatriques devront également disposer d’un service de médecine traditionnelle, tandis que les services de gériatrie des hôpitaux généraux provinciaux devront intégrer cette approche dans la prise en charge et la réadaptation des personnes âgées.
La part des consultations et des traitements relevant de la médecine traditionnelle, seule ou associée à la médecine moderne, devra atteindre au moins 10 % au niveau spécialisé, 20 % au niveau de base et 30 % au premier niveau de soins. Tous les centres de santé communaux devront être en mesure de proposer ces prestations.
Les dépenses de l’assurance maladie consacrées à ces soins devront au moins doubler par rapport à 2025. Le Vietnam devra également couvrir au moins 20 % de ses besoins nationaux en plantes médicinales. La production industrielle de ces plantes et de médicaments traditionnels devra progresser d’au moins 10 % par an, tout comme les exportations de ces produits en valeur.
La stratégie prévoit aussi une hausse d’au moins 15 % du nombre de projets de recherche, de développement technologique et d’innovation dans ce domaine. Les travaux utilisant la biotechnologie pour développer les plantes médicinales et leurs dérivés devront représenter 20 % des projets scientifiques concernés.
Par ailleurs, 90 % des centres de santé communaux devront compter au moins un agent formé à la médecine traditionnelle, et 20 % disposer d’un médecin spécialisé. Tous les programmes universitaires des filières de santé devront inclure un enseignement dans ce domaine.
Le Vietnam prévoit également de numériser au moins 70 % des connaissances traditionnelles recensées et vérifiées, de rechercher, normaliser et appliquer au moins 30 remèdes, méthodes thérapeutiques ou savoirs traditionnels, et de développer une marque nationale pour 30 produits à base de plantes médicinales ou médicaments traditionnels.
Cinq filières de services et de produits de santé fondés sur la médecine traditionnelle devront en outre être développées pour les touristes, en associant soins, préservation du patrimoine culturel et valorisation des savoirs locaux.
Des ambitions renforcées pour 2035 et 2045
D’ici 2035, 90 % des hôpitaux municipaux et provinciaux de médecine traditionnelle devront disposer d’au moins 300 lits, et chaque région socio-économique devra compter au moins un établissement de référence spécialisé. La part des soins relevant de la médecine traditionnelle, seule ou combinée à la médecine moderne, devra atteindre 15 % au niveau spécialisé, 25 % au niveau fondamental et 40 % au niveau des soins primaires.
L’autonomie nationale en plantes médicinales devra atteindre au moins 25 % des besoins. Tous les centres de santé communaux devront disposer d’au moins un agent formé à la médecine traditionnelle, et 30 % devront compter un médecin spécialisé.
À l’horizon 2045, le Vietnam ambitionne de se doter d’un système de médecine traditionnelle moderne, ouvert à la coopération internationale et soucieux de préserver son identité culturelle. L’ensemble de la filière devra fonctionner de manière intégrée, en s’appuyant sur les sciences, les technologies, la transformation numérique et des ressources humaines hautement qualifiées.
L’association de la médecine traditionnelle et de la médecine moderne devra devenir une pratique courante afin de répondre aux besoins croissants de la population en matière de soins complets. Le pays entend également passer de l’exportation de matières premières à celle de produits à forte valeur ajoutée, pour faire de l’industrie des plantes médicinales un secteur compétitif sur les marchés internationaux.
Neuf axes d’action prioritaires
Pour atteindre ces objectifs, la décision définit neuf groupes de mesures : améliorer le cadre institutionnel et les politiques publiques ; renforcer le rôle de la médecine traditionnelle dans les soins tout au long de la vie ; développer la filière des plantes médicinales et garantir leur approvisionnement ; accélérer la recherche, l’innovation et la transformation numérique ; former des ressources humaines qualifiées ; préserver et valoriser les savoirs médicaux et culturels ; protéger la propriété intellectuelle, développer les marchés et la marque nationale, et renforcer la coopération internationale ; sensibiliser le public ; enfin, intensifier les inspections, les contrôles et le suivi.
La décision prévoit notamment de moderniser les infrastructures et les équipements des hôpitaux et des services de médecine traditionnelle, ainsi que de développer les établissements spécialisés en fonction des besoins de soins et des ressources disponibles. Les investissements privés dans des structures de qualité seront également encouragés.
Une attention particulière sera accordée aux soins de proximité, avec le lancement de projets pilotes consacrés à des modèles de prise en charge non médicamenteuse dans les communes, les quartiers et les zones spéciales.
Enfin, des recommandations professionnelles et des procédures techniques combinant médecine traditionnelle et médecine moderne devront être élaborées et normalisées afin de garantir une application cohérente dans l’ensemble du pays.-VNA