Le ministère de la Construction a proposé une série de mesures visant à stabiliser les opérations de transport et les coûts logistiques. Le conflit au Moyen-Orient perturbe en effet les liaisons aériennes et maritimes internationales et fait grimper les prix mondiaux du carburant.
Les conteneurs sont déchargés au port international de Nghi Son, dans la province de Thanh Hóa. Photo : VNA
Le ministère de la Construction a proposé une série de mesures visant à stabiliser les opérations de transport et les coûts logistiques. Le conflit au Moyen-Orient perturbe en effet les liaisons aériennes et maritimes internationales et fait grimper les prix mondiaux du carburant.
Dans un rapport remis au gouvernement le 16 mars, le ministère indique que l'évolution de la situation dans la région accroît les coûts d'exploitation des entreprises de transport et exerce une pression sur la logistique.
Le ministère précise que le carburant représente actuellement entre 35 et 40 % des coûts d'exploitation des compagnies aériennes. Les restrictions d'espace aérien dans certaines régions du Moyen-Orient ont contraint les compagnies aériennes à modifier leurs itinéraires, ce qui a entraîné une augmentation de la consommation de carburant, ainsi que des frais d'assurance et d'exploitation.
Les statistiques montrent que les coûts d'exploitation de Vietnam Airlines ont augmenté d'environ 50 à 60 %, tandis que Sun Phu Quoc Airways a enregistré une hausse d'environ 30 %. Vietjet Air a également subi des coûts supplémentaires d'environ 2 000 milliards de dongs (76 millions de dollars) par mois.
Les prix du carburant d'aviation ont également augmenté. À Singapour, le kérosène Jet A-1 se négocie actuellement autour de 160 dollars américains le baril et pourrait atteindre près de 170 dollars américains d'ici la fin du mois.
Selon l'Association internationale du transport aérien (IATA), si les prix atteignaient 200 dollars américains le baril, les coûts d'exploitation des compagnies aériennes pourraient augmenter de plus de 70 %.
Le secteur maritime est également touché par la situation au Moyen-Orient.
Le ministère a indiqué que 15 navires appartenant à des entreprises vietnamiennes opèrent actuellement dans la région, dont huit battent pavillon vietnamien. Certains navires ont repris leurs activités normales, tandis que d'autres restent au mouillage dans l'attente de nouvelles instructions. Tous les navires et leurs équipages sont sains et saufs.
Les tarifs mondiaux du fret conteneurisé ont également augmenté. L'indice Drewry World Container Index a progressé d'environ 10 % par rapport à la semaine précédente et de 12 à 15 % par rapport à la période précédant le conflit, pour atteindre environ 2 300 à 2 500 dollars américains par conteneur de 40 pieds.
Les tarifs de fret sur la liaison Asie-Europe ont bondi de plus de 20 %, tandis que ceux sur les liaisons Asie-Méditerranée ont augmenté d'environ 10 %. Plusieurs compagnies maritimes ont également commencé à appliquer des surtaxes pour risque de guerre et sur le carburant sur certains itinéraires.
Le coût du carburant représente environ 30 à 40 % des frais d'exploitation du transport maritime. Si les prix du carburant augmentent de 20 %, les tarifs de fret maritime pourraient grimper d'environ 15 %, tandis que les coûts du transport fluvial pourraient augmenter d'environ 18 %.
Au niveau national, les coûts du transport routier ont augmenté en raison de la hausse de 20 à 30 % des prix du carburant. Pour le transport ferroviaire, les prix des billets voyageurs ont augmenté de 3 % et les frais de fret de 4 %. Cependant, depuis le 13 mars, les prix ont légèrement baissé, suite à la réduction des tarifs par la compagnie ferroviaire vietnamienne Vietnam Railways Transport JSC après une légère baisse des prix du diesel.
Réductions fiscales et de taxes proposées
Afin d'alléger la pression sur les coûts des entreprises de transport, le ministère de la Construction a proposé plusieurs mesures fiscales.
Le ministère a recommandé au ministère des Finances d'envisager une réduction temporaire de la taxe spéciale sur la consommation et de la taxe de protection de l'environnement sur les carburants afin d'atténuer l'impact des fluctuations des prix mondiaux de l'énergie.
Il a également proposé une réduction de 50 % des redevances d'atterrissage et de décollage ainsi que des redevances de services de navigation aérienne. De plus, il a suggéré de réduire, voire d'exempter, les droits d'entrée et de sortie portuaires pour le transport fluvial.
Une autre proposition consiste à inclure les carburants utilisés dans les transports dans la liste des biens éligibles à une réduction de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), actuellement fixée à 10 %, à un taux inférieur.
Le ministère a également exhorté le ministère de l'Industrie et du Commerce à enjoindre les raffineries et les usines de traitement du gaz à diversifier leurs sources d'approvisionnement afin de maintenir leur production. Les distributeurs de carburants devraient donner la priorité à l'approvisionnement des transports et des secteurs industriels clés en cas de pénurie.
Selon le ministère, il continuera de se coordonner avec les organismes compétents pour suivre l'évolution de la situation et soutenir les entreprises de transport dans le maintien de la stabilité de leurs opérations logistiques malgré les incertitudes mondiales. - VNA/VI