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La mer bleue dans l’image d’un pays maritime puissant au XXIe siècle

Après huit ans d’application de la résolution n°36-NQ/TW du Comité central du Parti du 12e mandat, en date du 22 octobre 2018, sur la stratégie de développement durable de l’économie maritime du Vietnam jusqu’en 2030 avec une vision jusqu’en 2045, l’heure est au bilan mais aussi à une nouvelle résolution à mettre en place.

Avec ses 3.260 km de côtes avec une superficie maritime et un plateau continental de plus d’un million de km², et son positionnement stratégique sur l’une des routes maritimes commerciales les plus fréquentées au monde, le Vietnam entend faire de la mer un espace de développement stratégique pour construire un pays puissant et enrichi par la mer.

 

  Pays maritime, dont l’histoire, la tradition, la culture et le processus d’édification nationale sont liés à la mer, le Vietnam vise à faire de la mer un espace de développement stratégique pour construire un pays puissant et enrichi par la mer. Photo: VNA  

 

Après huit ans d’application de la résolution n°36-NQ/TW du Comité central du Parti du 12e mandat, en date du 22 octobre 2018, sur la stratégie de développement durable de l’économie maritime du Vietnam jusqu’en 2030 avec une vision jusqu’en 2045, l’heure est au bilan mais aussi à une nouvelle résolution à mettre en place.

 

Le Vietnam a obtenu des résultats importants en matière de développement de son économie maritime, de garantie de sa défense et de sa sécurité nationales, de relations extérieures, de coopération internationale et d’amélioration des conditions de vie des populations côtières.

 

Cependant, malgré le potentiel économique qu’abrite son espace maritime, le développement économique maritime souffre d’un décalage entre potentiel et réalité, entre atouts naturels et capacités de développement, entre aspiration à devenir un pays maritime puissant et système institutionnel, infrastructures, technologies, ressources humaines et modèle de gouvernance.

 

La nouvelle résolution doit non seulement répondre à la question comment développer les secteurs économiques maritimes, mais aussi répondre à la question plus large comment le Vietnam exploitera, gérera et tirera parti de l’ensemble de son espace maritime national pour servir ses objectifs de développement pour les décennies à venir, a déclaré le secrétaire général du Parti et président de la République Tô Lâm.

 

La nouvelle stratégie doit définir clairement les contours d’un pays maritime puissant au XXIe siècle, en précisant le rôle que jouera la mer dans la réalisation des objectifs stratégiques jusqu’en 2030, à l’horizon 2045 et au-delà, a-t-il indiqué lors de sa séance de travail avec la Commission des politiques et des stratégies du Comité central du Parti et les organes concernés, lundi 8 juin à Hanoi.

 

Loin d’être synonyme de métaphore, ce message représente une demande stratégique, car la puissance d’un pays maritime puissant ne se mesure pas uniquement à la longueur de son littoral, au nombre de ses ports maritimes, à sa production halieutique ou aux recettes de son tourisme côtier.

 

Un pays maritime puissant doit avant tout être un pays doté d’une vision maritime, de capacités de gouvernance maritime, de sciences et technologies maritimes, d’une économie maritime bleue, d’une culture maritime dynamique, de moyens de subsistance garantis pour ses habitants riverains et d’une solide posture de défense nationale et de sécurité en mer.

 

Économie bleue, neutralité carbone et culture de responsabilité envers l’océan

 

À l’échelle mondiale, la plupart des pays développés savent tirer parti de la mer pour étendre leur espace de développement. Nombre d’entre eux considèrent l’exploration maritime, la maîtrise des mers, la protection et l’exploitation durable des espaces marins comme une stratégie nationale de développement ambitieuse, l’économie bleue en étant un pilier essentiel. Ces expériences montrent que la mer n’est pas seulement la façade d’un pays, mais aussi une porte d’entrée au monde, un levier pour accroître sa compétitivité, étendre son espace vital et s’affirmer dans le nouvel ordre mondial.

 

Il est donc crucial aujourd’hui de passer d’une mentalité axée sur l’exploitation de la mer à une mentalité axée sur la création d’un espace national de développement maritime. Un pays maritime puissant au XXIe siècle se définit par une économie maritime bleue moderne, hautement productive et à forte valeur ajoutée.

 

L’économie bleue devient une tendance inévitable à l’échelle mondiale, et est considérée comme le fondement du développement durable de l’économie maritime. Elle doit s’appuyer sur la conservation des écosystèmes, la préservation de la biodiversité et la réduction de l’impact environnemental, tout en développant des industries à forte valeur ajoutée telles que les énergies marines renouvelables, l’aquaculture de haute technologie et un tourisme maritime durable et intelligent.

 

L’économie bleue doit se concrétiser par le biais de nouveaux secteurs clés. Une stratégie nationale pour l’éolien en mer s’impose comme une nécessité, assortie d’une feuille de route et de mécanismes spécifiques visant à attirer les investissements, à promouvoir le transfert de technologies et à développer les industries de soutien. L’éolien en mer est envisagé non seulement comme un facteur contribuant à la sécurité énergétique et à l’objectif de neutralité carbone, mais aussi comme un nouveau moteur de croissance.

Par ailleurs, l’aquaculture doit impérativement évoluer d’une exploitation naturelle vers un développement durable, en appliquant des technologies circulaires, en réduisant la pollution environnementale et en créant des marques de produits de la mer «vertes» conformes aux normes internationales. Le tourisme côtier ne peut se contenter de se focaliser sur le nombre de touristes, d’hôtels et de complexes touristiques ; il doit se développer de manière écologique, communautaire et intelligente, en lien avec la protection de l’environnement et la préservation du patrimoine marin.

 

Le développement économique maritime doit êtré lié à l’objectif de neutralité carbone. Toutes les activités économiques en mer doivent s’orienter vers la réduction des les émissions de carbone, le verdissement des transports maritimes et des services portuaires, et le respect des normes environnementales mondiales. La prise de conscience doit être collective sur le rôle des «puits de carbone verts», tels que les mangroves, les herbiers marins et les récifs coralliens. Mais avant tout, le développement d’une économie bleue nécessite un modèle de gouvernance suffisamment solide et moderne, et commence par une culture de responsabilité, celle de l’Etat, des entreprises, des collectivités locales et de chaque citoyen.

 

Un pays maritime puissant au XXIe siècle doit donc être celle qui sait s’enrichir de la mer sans l’appauvrir ; qui sait exploiter la mer sans la mettre en danger ; qui sait construire des villes côtières modernes sans effacer la mémoire des villages de pêcheurs ; qui sait développer les ports maritimes, la logistique, l’énergie et le tourisme tout en préservant les mangroves, les récifs coralliens, les vasières, les dunes de sable, les festivals maritimes et les communautés côtières.

 

Le message du secrétaire général et président Tô Lâm montre clairement qu’il ne s’agit pas aujourd’hui de simplement faire le bilan de la mise en œuvre d’une résolution, mais de préparer une nouvelle vision pour le Vietnam dans cette nouvelle ère de développement. Alors que le pays s’oriente vers ses objectifs stratégiques jusqu’en 2030, à l’horizon 2045 et au-delà, la mer doit devenir un espace central de son aspiration à la puissance et à la prospérité nationales. – VNA/VI 


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