Pour optimiser ses flux d’investissements directs étrangers (IDE), la métropole du Sud fait face à un enjeu crucial : attirer, former et surtout retenir une main-d’œuvre hautement qualifiée en lui garantissant un cadre de vie et de travail attractif.
En plein élargissement de son espace de développement, Hô Chi Minh-Ville crée de nouveaux pôles de croissance et attire les investissements dans des secteurs à forte intensité technologique. Au-delà de l’impératif de monter en gamme sur les flux d’investissements directs étrangers (IDE), la mégapole du Sud doit attirer les experts, ingénieurs et gestionnaires et fidéliser des talents hautement qualifiés en leur offrant un cadre de vie et de travail attractif.
Hô Chi Minh-Ville s’emploie à attirer des investissements étrangers à forte valeur ajoutée. Photo : VNA
Aujourd’hui, la course aux IDE ne se joue plus à coups de cadeaux fiscaux ou de main-d’œuvre à bas coût. La compétitivité d’un pays repose désormais sur l’excellence de ses institutions, son potentiel d’innovation, la qualification de son capital humain, la modernité de ses infrastructures et le dynamisme de son tissu économique local, a déclaré le directeur adjoint du Département des finances de Hô Chi Minh-Ville, Quach Ngoc Tuân.
Le véritable enjeu dépasse le simple choix des projets : il réside dans l’émergence d’un capital humain capable, par sa culture et ses compétences, de capter et de valoriser les investissements de premier plan, a-t-il souligné lors d’un séminaire organisé mercredi 30 septembre à Hô Chi Minh-Ville.
L’espace de développement de Hô Chi Minh-Ville s’articule autour de trois pôles de croissance. Le pôle central, qui englobe le noyau historique de la métropole, capitalise sur le déploiement du centre financier internationaltout en propulsant le commerce, les services aux entreprises, l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation, a indiqué le directeur adjoint du Département des finances de Hô Chi Minh-Ville, Quach Ngoc Tuân.
Le pôle septentrional, qui englobe le territoire des anciennes villes de Thu Duc et Binh Duong, opère une profonde mutation : les activités manufacturières traditionnelles y cèdent désormais la place à des industries écologiques, intelligentes et innovantes. Il vise à aimanter les capitaux vers les semi-conducteurs, l’IA, les centres de données et la haute technologie.
Simultanément, le pôle sud-est, qui s’étend sur les anciens territoires de Bà Ria - Vung Tàu et Cân Gio, valorise son potentiel stratégique dans les secteurs de l’économie bleue, de la logistique de nouvelle génération et des énergies vertes.
Du côté des employeurs, le constat est clair : si les entreprises peuvent offrir des garanties solides aux experts étrangers, la fidélisation de ces talents ne dépend pas uniquement d’elles.
Vo Nguyên Hung, directeur national des ressources humaines de la SARL Ipsos Vietnam, a indiqué que les entreprises sont en mesure d’assurer un emploi stable, des revenus attractifs, des avantages sociaux, ainsi qu’une prise en charge du logement et de la scolarité des enfants. Néanmoins, il a rappellé que la décision de s’engager sur le long terme reste largement influencée par de nombreux facteurs externes, totalement indépendants du contrôle des entreprises.
Pour les experts expatriés, s’installer à Hô Chi Minh-Ville revient à chercher un véritable « second foyer ». Éloignés de leur pays natal, ils aspirent à préserver le sentiment d’être chez eux au cœur même de l’espace professionnel. Pour les retenir durablement, la formule gagnante combine scolarisation des enfants, attractivité des loisirs et connectivité avec le reste de la planète, a-t-il expliqué.
Si le capital humain reste le moteur indispensable au déploiement des entreprises à capitaux étrangers, l’attractivité d’une ville et son cadre de vie s’imposent désormais comme les leviers clés pour capter et ancrer ces talents.
Selon Vo Huynh Tuan Kiet, directeur du marketing résidentiel chez CBRE Vietnam, l’envolée des prix de l’immobilier dans le centre de Hô Chi Minh-Ville, conjuguée au développement rapide des axes routiers qui réduit les temps de trajet depuis la périphérie, s’apprête à redistribuer les cartes du marché en modifiant profondément les arbitrages des investisseurs et des locataires.
Les locataires experts privilégient désormais les offres clés en main (logement et services) et exigent une gestion locative irréprochable. Forte de plus de 75.000 professionnels de la haute technologie, la mégapole économique du Vietnam offre un vivier massif de locataires qualifiés, garantissant ainsi des rendements locatifs attractifs aux investisseurs immobiliers, a-t-il fait savoir.
Pour attirer les talents, les villes doivent parier sur un cadre de vie communautaire, d’excellentes infrastructures de transport, d’éducation et de santé, a estimé Angus Liew, président de Gamuda Land Vietnam.
Au-delà du simple logement, le président de Gamuda Land Vietnam, Angus Liew, a estimé que, pour attirer les talents, la ville doit parier sur un cadre de vie communautaire, d’excellentes infrastructures de transport, d’éducation et de santé.
Lors du séminaire, Pham Binh An, directeur adjoint de l’Institut d’études sur le développement de la ville (HIDS), a noté que le modèle de zone urbaine intégrée est également la voie que suit Hô Chi Minh-Ville, une approche qui exige de répondre pleinement aux besoins d’une main-d’œuvre hautement qualifiée.
La Loi sur le développement urbain de 2026 s’impose comme un outil institutionnel majeur, a-t-il fait savoir. Pensé pour répondre concrètement aux réalités du terrain, ce nouveau cadre réglementaire a été rapidement déployé grâce aux résolutions du Conseil populaire de la ville. Cette décentralisation accrue offre désormais à Hô Chi Minh-Ville l’autonomie nécessaire pour piloter sa stratégie urbaine.
Pour attirer des IDE de qualité, Hô Chi Minh-Ville doit voir au-delà des incitations fiscales et des infrastructures. Selon les experts, le véritable avantage concurrentiel de la mégapole du Sud réside désormais dans sa qualité de vie et de travail, un facteur clé pour attirer et retenir les talents internationaux.
Ces ancrages devraient permettre non seulement de capter des IDE plus qualitatifs, maximiser le transfert de technologies, mais aussi de doper les secteurs à forte valeur ajoutée, moteurs du développement économique à venir. – VNA/VI