Vie vietnamienne

Hô Chi Minh-Ville jette les bases de l’anglais comme deuxième langue à l’école

Forte de près de trois décennies d'expérience dans l'enseignement de l'anglais, Hô Chi Minh-Ville dispose de bases solides pour mettre progressivement en œuvre la politique visant à faire de l'anglais une deuxième langue dans les établissements scolaires. La ville mise sur la qualité des enseignants, la modernisation des infrastructures et la création d'un environnement propice à l'usage quotidien de cette langue.

Dans le cadre des efforts continus visant à améliorer la qualité de l'enseignement et de l'apprentissage des langues étrangères dans les écoles, 100 % des établissements d'enseignement avaient mis en place un enseignement obligatoire de l'anglais pour les classes de 3e, 4e et 5e années à l'horizon de l'année scolaire 2024-2025. Photo : Thanh Tung – VNA

Forte de près de trois décennies d’expérience dans l’enseignement de l’anglais, Hô Chi Minh-Ville se positionne comme une localité pilote dans la mise en œuvre de la politique visant à faire progressivement de l’anglais une deuxième langue dans les établissements scolaires. Grâce à des programmes déployés de longue date et à une stratégie de développement clairement définie, la métropole du Sud dispose d’atouts importants pour concrétiser cet objectif.

Des bases solides

Première localité du Vietnam à lancer, dès 1998, un programme renforcé d’enseignement de l’anglais, Hô Chi Minh-Ville a progressivement élargi l’apprentissage des langues étrangères à travers plusieurs initiatives, dont les programmes d’anglais optionnel, de généralisation des compétences linguistiques et, depuis 2014, le programme intégré Vietnam–Royaume-Uni, qui permet d’enseigner les mathématiques, les sciences et l’anglais selon des standards internationaux.

Au fil des années, l’enseignement de l’anglais s’est étendu à tous les niveaux d’éducation, y compris à la maternelle. En parallèle du Programme national d’éducation générale de 2018, plus de 90 % des écoles publiques de la ville proposent aujourd’hui des classes d’anglais renforcé ou des programmes bilingues. De nombreux établissements dispensent également les mathématiques ou les sciences en anglais.

Au-delà des cours, les établissements scolaires s’attachent à créer un environnement propice à l’utilisation quotidienne de l’anglais afin de permettre aux élèves de développer progressivement des habitudes de communication dans cette langue.

Le lycée Marie Curie figure parmi les établissements pionniers en la matière. Signalétique bilingue, formulaires administratifs en vietnamien et en anglais, clubs linguistiques, échanges internationaux et expérimentation de certains cours dispensés en anglais contribuent à renforcer l’exposition des élèves à cette langue. L’établissement évalue régulièrement les compétences linguistiques des enseignants et des élèves afin d’adapter les programmes de formation et d’enseignement.

Selon les responsables de l’éducation, la création d’un environnement anglophone à l’école ne vise pas uniquement à améliorer les compétences linguistiques des élèves, mais aussi à développer leur capacité d’intégration et leur aptitude à évoluer dans un contexte international.

Des défis à relever

Malgré les progrès enregistrés, la généralisation de l’anglais comme deuxième langue dans les écoles reste confrontée à plusieurs difficultés.

Le Service municipal de l’Éducation et de la Formation souligne que les infrastructures, les équipements technologiques et les conditions d’apprentissage demeurent inégaux selon les établissements et les quartiers.

La principale difficulté concerne toutefois les ressources humaines. Le nombre d’enseignants capables de dispenser des disciplines en anglais reste insuffisant, tandis que les compétences linguistiques d’une partie des personnels de direction et des enseignants non spécialisés doivent encore être renforcées. Les autorités estiment également nécessaire de poursuivre l’amélioration des politiques de recrutement, de formation et de rémunération des enseignants d’anglais.

Une feuille de route jusqu’en 2045

Dans le cadre des orientations définies par le ministère de l’Éducation et de la Formation, Hô Chi Minh-Ville finalise actuellement son projet « Faire de l’anglais une deuxième langue dans les établissements scolaires de Hô Chi Minh-Ville pour la période 2025-2035, avec une vision à l’horizon 2045 ».

Le projet s’articule autour de quatre axes prioritaires : améliorer la qualité de l’enseignement et harmoniser les référentiels de compétences, élargir l’environnement d’utilisation de l’anglais à l’intérieur et à l’extérieur des établissements scolaires, promouvoir l’application des technologies numériques et de l’intelligence artificielle dans l’enseignement, ainsi que mettre en œuvre des projets pilotes avant leur généralisation.

La feuille de route prévoit une première phase, de 2026 à 2030, consacrée à la préparation des conditions nécessaires dans l’ensemble des établissements scolaires, avec un accent particulier sur le développement des compétences des enseignants et la création d’environnements favorisant l’usage de l’anglais.

La deuxième phase, de 2031 à 2035, visera à étendre la mise en œuvre du projet à grande échelle, notamment par la généralisation de l’enseignement de certaines disciplines en anglais et le renforcement des programmes intégrés.

Enfin, entre 2036 et 2045, la ville entend consolider les acquis, moderniser son système éducatif, développer les coopérations internationales et élargir davantage les programmes d’enseignement en anglais.

Pour atteindre ces objectifs, Hô Chi Minh-Ville prévoit de mobiliser des ressources importantes afin d’attirer des enseignants hautement qualifiés, y compris des locuteurs natifs, d’encourager les partenariats public-privé, de moderniser les supports pédagogiques et de renforcer les investissements dans les infrastructures numériques, les laboratoires de langues et les applications fondées sur l’intelligence artificielle.

Grâce aux bases construites depuis de nombreuses années et à une stratégie clairement définie, Hô Chi Minh-Ville entend conserver son rôle de pionnière dans la mise en œuvre de cette politique nationale, contribuant ainsi à améliorer la qualité de l’éducation, à former des ressources humaines hautement qualifiées et à renforcer l’intégration internationale du Vietnam.


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