Des sites de production industrielle aux centres de recherche-développement (R&D) et aux pôles de haute technologie, Hanoï façonne un nouvel écosystème destiné à attirer des investissements directs étrangers (IDE) à forte valeur ajoutée et à forte intensité technologique.
Des sites de production industrielle aux centres de recherche-développement (R&D) et aux pôles de haute technologie, Hanoï façonne un nouvel écosystème destiné à attirer des investissements directs étrangers (IDE) à forte valeur ajoutée et à forte intensité technologique.
Vers un nouvel écosystème technologique
Hanoï redéfinit sa stratégie d’attraction des investissements étrangers. Si la position géographique, la disponibilité des terrains et le coût de la main-d’œuvre ont longtemps constitué ses principaux atouts, la capitale vietnamienne mise désormais sur une nouvelle génération d’investissements, fondée sur la technologie, l’innovation, les ressources humaines hautement qualifiées et le développement durable.
Le 29 juin 2026 au matin, à Hanoï, le président de l’Assemblée nationale, Tran Thanh Man, participe à la conférence consacrée à la présentation du plan directeur de Hanoï à l’horizon de 100 ans et à la promotion des investissements en 2026. Photo : Cong Dat/VI
Lors de la conférence sur la promotion des investissements et la présentation du Plan d’aménagement de la capitale à
l’horizon 2026, en juin, Hanoï a annoncé la mise en œuvre de 138 projets
nationaux, représentant un investissement total d’environ 3 500 à 3 600
milliards de dôngs, ainsi que l’attraction de près de 3,2 milliards de dollars
d’IDE.
Vu Dai Thang, secrétaire adjoint du Comité municipal du Parti et président du Comité populaire de Hanoï, a souligné que la
ville s’attachait à créer de nouveaux fondements et moteurs de croissance, tout
en poursuivant l’amélioration de son environnement d’investissement afin de le
rendre plus transparent, stable et favorable aux entreprises.
Le président du Comité populaire de Hanoï, Vu Dai Thang, prend la parole lors de la conférence consacrée à la présentation du plan directeur de la capitale à l’horizon de 100 ans et à la promotion des investissements en 2026. Photo : Cong Dat/VI
Le plus grand centre de recherche et développement (R&D) de produits de Samsung en Asie du Sud-Est, situé à Hanoï. Photo : Samsung
À la fin du premier semestre 2026, Hanoï comptait plus de 9 200 projets d’IDE en activité, pour un capital enregistré
cumulé dépassant 74,6 milliards de dollars. Au-delà de l’industrie
manufacturière, la capitale cible désormais des secteurs à forte valeur ajoutée
et à fort potentiel de développement : hautes technologies, semi-conducteurs,
intelligence artificielle (IA), centres de données, parcs industriels de
nouvelle génération, logistique intelligente, énergies propres, économie
circulaire, santé, éducation de qualité et développement urbain selon le modèle
TOD (Transit-Oriented Development), axé sur les transports publics.
Cette orientation marque un tournant dans la politique d’attraction des IDE : l’enjeu n’est plus seulement d’attirer des
capitaux, mais aussi de privilégier les projets susceptibles de renforcer les
capacités technologiques, de stimuler l’innovation et de créer davantage de
valeur pour l’économie locale.
Pour le professeur Luong Tuan Anh, de l’Université De Montfort, au Royaume-Uni, Hanoï bénéficie d’un avantage majeur
en tant que centre politique, financier, scientifique et technologique du
Vietnam. La capitale dispose d’une main-d’œuvre qualifiée ainsi que d’un
écosystème dynamique de connaissances et d’innovation, autant d’atouts pour
attirer les investissements de haute technologie, les activités de R&D et
les services à forte valeur ajoutée.
Le parc industriel de Thang Long s’étend sur environ 300 hectares. Il accueille des entreprises à capitaux étrangers, principalement japonaises, et affiche un taux d’occupation de 100 %. Photo : Tran Thanh Giang/VI
La concentration des centres de décision, des institutions financières, des représentations diplomatiques et des sièges
de grandes entreprises constitue également un facteur d’attractivité pour les
multinationales souhaitant y établir des bureaux régionaux ou des centres de
coordination. La confiance renouvelée des groupes internationaux déjà présents au Vietnam confirme cette évolution.
Après près de 70 ans de présence dans le parc industriel de Thang Long, Sumitomo Corporation, groupe japonais, poursuit
ses investissements à long terme à Hanoï.
Pour NVIDIA, l’ambition dépasse les
seules activités commerciales : le groupe entend contribuer à la construction
d’un écosystème de l’IA dans la capitale, en intervenant sur les
infrastructures, les plateformes technologiques, la formation des ressources
humaines et le déploiement d’applications à grande échelle.
Ligne de production de moteurs électriques, de boîtes de vitesses et de réducteurs à l’usine Sumitomo Heavy Industries Vietnam. Photo : Tran Thanh Giang/VI
Ligne de production de moteurs électriques, de boîtes de vitesses et de réducteurs à l’usine Sumitomo Heavy Industries Vietnam. Photo : Tran Thanh Giang/VI
Hanoï ne se limite donc plus à accueillir des unités de production. La ville entend devenir un pôle où les entreprises
peuvent recruter des talents, développer des technologies, mener des activités
de R&D, structurer des chaînes d’approvisionnement et déployer des
activités à plus forte valeur ajoutée.
Thang Long et Hoa Lac, deux piliers de la montée en gamme technologique
Cette évolution se manifeste particulièrement dans deux zones emblématiques du développement économique de
Hanoï : le parc industriel de Thang Long et le parc de haute technologie de Hoa
Lac. Depuis plusieurs décennies, Thang Long incarne le développement d’une industrie structurée et tournée vers
l’exportation.
Le parc a attiré de grands groupes des secteurs de
l’électronique, des composants, de la mécanique de précision, de l’automobile,
des deux-roues et des industries connexes. Canon, Panasonic, Yamaha Motor,
DENSO, TOTO, Mitsubishi, Toshiba, Sumitomo, Molex, Enkei et FCC figurent parmi
les entreprises qui ont contribué à la constitution d’un vaste écosystème
industriel, reliant Hanoï aux chaînes d’approvisionnement internationales.
De jeunes ingénieurs vietnamiens de Panasonic bénéficient d’une formation approfondie avec l’appui de spécialistes japonais et d’universités technologiques vietnamiennes de premier plan. Photo : Tran Thanh Giang/VI
Des ingénieurs de Panasonic travaillent dans l’usine du groupe au Vietnam. Photo : Tran Thanh Giang/VI
Panasonic illustre cette évolution. Avec environ 7 000 employés, le groupe exploite quatre usines de fabrication, une société
de R&D et un centre de recherche et développement. Ses activités répondent
aux besoins du marché vietnamien tout en contribuant aux chaînes
d’approvisionnement et aux exportations mondiales. En 2026, Panasonic a mis en
service le Centre d’innovation CVC et lancé parallèlement les travaux
d’extension de son usine dans le parc industriel de Thang Long II.
Le parcours de Sumitomo Heavy Industries Vietnam (SHIV) témoigne également de la transformation du rôle des unités de
production implantées dans la capitale. Il y a plus de vingt ans, Sumitomo
Heavy Industries avait choisi Hanoï pour la stabilité de son environnement, la
jeunesse de sa main-d’œuvre et la compétitivité de ses coûts de production.
Aujourd’hui, selon son directeur général, Hiroumi Hamajima, l’usine hanoïenne
ne se résume plus à un site de fabrication à moindre coût.
Grâce aux investissements dans les technologies et le développement des compétences, SHIV est devenue l’un des
pôles stratégiques de production et de la chaîne d’approvisionnement mondiale
du groupe. Cette évolution s’inscrit dans la tendance à la diversification des
chaînes d’approvisionnement internationales et à la montée en gamme des
activités industrielles au Vietnam.
L’industrie des semi-conducteurs à Hanoï se développe grâce aux investissements et à la coopération du Japon et de nombreux autres pays. Photo : Tran Thanh Giang/VI
Des employés hautement qualifiés de Panasonic Vietnam. Photo : Tran Thanh Giang/VI
Des ouvriers de l’usine Panasonic déjeunent à la cantine après leur service. Photo : Tran Thanh Giang/VI
Si Thang Long illustre la modernisation progressive de l’industrie manufacturière, Hoa Lac offre une perspective plus
large, tournée vers les technologies de pointe et l’innovation. Dans ce parc de haute technologie, production, recherche, formation et innovation sont appelées à converger au
sein d’un même écosystème.
Hoa Lac a attiré à ce jour 115 projets, dont 16 projets d’IDE, représentant un capital total de plus de 5 milliards de
dollars et quelque 25 000 emplois. À eux seuls, cinq projets japonais
totalisent plus de 270 millions de dollars d’investissement. Ils portent
principalement sur les technologies automobiles, l’électronique, les composants
de précision et les moteurs électriques.
Selon Vu Quoc Huy, directeur adjoint du Conseil de gestion des parcs industriels et de haute technologie de Hanoï, Hoa
Lac ambitionne de devenir un pôle de coopération technologique entre le Vietnam
et le Japon, notamment grâce à l’accueil de centres de R&D et au
développement d’infrastructures de recherche mutualisées.
Le parc se veut également un espace d’expérimentation contrôlée pour de nouvelles technologies, parmi lesquelles
les véhicules autonomes, les drones, les robots de service, les réseaux
intelligents, l’Internet des objets (IoT), les jumeaux numériques, la
logistique automatisée et les solutions pour les villes vertes.
Dans l’après-midi du 25 février 2026, le président du Comité populaire de Hanoï, Vu Dai Thang, et la délégation municipale visitent une usine de haute technologie. À l’occasion du Nouvel An lunaire du Cheval, ils présentent leurs vœux et encouragent les entreprises industrielles de haute technologie implantées dans la capitale. Photo : Trung Nguyen/VNA
À travers le développement de ces deux pôles complémentaires, Hanoï cherche à améliorer la qualité des IDE et à
accroître leurs retombées sur l’économie nationale. L’objectif est non
seulement d’attirer de nouveaux projets, mais aussi de transformer les capitaux
internationaux en leviers de renforcement des capacités technologiques, de
développement des compétences et de montée en gamme des entreprises
vietnamiennes.
Cette stratégie doit permettre à la capitale de s’affirmer comme une destination majeure pour les IDE au Vietnam et
dans la région. Pour les investisseurs internationaux, Hanoï entend ainsi
offrir bien davantage qu’un site de production : un écosystème propice à la
recherche, à l’innovation et au développement à long terme./.
Texte: Bich Vân, Ha Anh, Nguyên Tuoi
Photos : Tran Thanh Giang, Công Dat/VI et archives de collaborateurs