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Former les talents pour bâtir une économie maritime durable

Le manque de spécialistes qualifiés et l’inadéquation des formations aux besoins du marché freinent le développement d’une économie maritime verte, moderne et durable au Vietnam. La réforme de la formation et le renforcement des liens avec les entreprises sont devenus prioritaires.

 Le manque de spécialistes hautement qualifiés, l’inadéquation entre les formations et les besoins du marché du travail ainsi que les difficultés à attirer les talents freinent le développement d’une économie maritime verte, moderne et durable au Vietnam. Adapter les cursus, renforcer les liens entre établissements de formation et entreprises et développer les compétences technologiques constituent des priorités pour concrétiser l’ambition du pays de devenir une puissance maritime.

  Bateaux de pêche ancrés sur le fleuve Ben Dinh. Photo : VNA  

 



Des ressources humaines qui peinent à répondre aux besoins

Selon Nguyen Tien Thao, directeur du Département de l’enseignement supérieur du ministère de l’Éducation et de la Formation, le Vietnam compte 13 établissements proposant des formations liées aux ressources humaines maritimes et à l’économie maritime. En 2026, 44 filières ont organisé des admissions, soit une hausse de 18,9 % par rapport à 2025. Le nombre de candidats admis a atteint 5 153, en progression de 16,1 %. Toutefois, les effectifs restent limités, avec une note médiane d’admission de 20,75 points et aucune filière dépassant 25 points.

Les formations interdisciplinaires associant sciences marines, données, automatisation, économie et droit restent insuffisantes. Les équipements spécialisés, tels que les navires de recherche, les systèmes de simulation et les laboratoires, nécessitent des investissements importants. Par ailleurs, le nombre de spécialistes demeure limité et les formations ne répondent pas pleinement aux besoins des secteurs portuaire, énergétique, halieutique et touristique.

À l’Université des ressources naturelles et de l’environnement de Hanoï, la formation en gestion des ressources marines, lancée à titre expérimental en 2013, accueillait environ 50 à 62 étudiants par promotion. Le manque d’harmonisation entre les nomenclatures des filières et les exigences de recrutement dans les organismes publics chargés de la gestion des mers et des îles a cependant compliqué l’accès des diplômés à ces postes.

Dans les localités à fort potentiel maritime, les besoins restent également importants. Selon Vu Nam Phong, vice-chef de la sous-direction de la Mer, des Îles, de la Pêche et du Contrôle des pêches de Quang Ninh, la localité comptait environ 695 200 travailleurs à la fin de 2025. Si 87,5 % avaient suivi une formation, seuls 42,8 % étaient titulaires d’un diplôme ou d’un certificat. Les besoins concernent notamment l’intelligence artificielle, les technologies numériques appliquées au secteur maritime, la gestion des données et la logistique.

Quang Ninh manque également de cadres dirigeants et de personnel maîtrisant les langues étrangères dans le tourisme, ainsi que de techniciens spécialisés dans la réparation et la maintenance des équipements navals. Certains services doivent encore recourir à du personnel de Hai Phong.

Dans la province de Ca Mau, la transition vers une économie maritime reposant davantage sur les sciences et les technologies pose un autre défi. Selon Pham Van Muoi, directeur adjoint du Service provincial de l’agriculture et de l’environnement, la province dispose d’une main-d’œuvre importante dans la pêche et l’aquaculture, mais les niveaux de qualification restent inégaux. Une partie des travailleurs, principalement formés par l’expérience, rencontre des difficultés à adopter les nouvelles technologies, les outils numériques et les méthodes modernes de gestion de la production.



Réformer la formation pour répondre aux besoins de l’économie maritime

La Résolution n° 20-NQ/TW du 28 juillet 2026 du Comité central du Parti du 14e mandat fait des sciences et des technologies, de l’innovation, de la transformation numérique et des ressources humaines hautement qualifiées des moteurs essentiels du développement du Vietnam en tant que puissance maritime. La Résolution n° 218/NQ-CP du 7 août 2026 du gouvernement prévoit notamment des programmes destinés à former, attirer et développer des spécialistes hautement qualifiés répondant aux besoins des secteurs maritimes modernes.

Selon le ministre des Sciences et des Technologies, Vu Hai Quan, le Vietnam doit créer des organismes de recherche réunissant des experts de haut niveau et disposant d’infrastructures modernes, capables de maîtriser les données et les technologies pour répondre aux grands défis nationaux. L’objectif de créer deux à trois organismes de recherche spécialisés dans les sciences, les technologies et l’innovation marines, comparables à ceux des pays les plus avancés de l’ASEAN, doit traduire un véritable renforcement des capacités nationales.

Le ministère de l’Éducation et de la Formation propose d’organiser les cursus autour de quatre domaines : les sciences marines et océaniques ; l’ingénierie et l’énergie ; la biologie et les produits de la mer ; l’économie et la gestion maritimes. Il préconise également des formations interdisciplinaires intégrant les données, l’intelligence artificielle, les langues étrangères et le droit international, ainsi que la mutualisation des navires de recherche, des laboratoires et des équipements pratiques.

L’objectif est de mieux adapter l’offre de formation aux besoins du marché du travail et d’évaluer son efficacité en fonction des compétences acquises et des perspectives d’emploi des diplômés.

Pour Pham Van Thuan, professeur associé et vice-recteur de l’Université maritime du Vietnam, les établissements spécialisés doivent bénéficier de mécanismes de soutien spécifiques, notamment des aides aux frais de scolarité dans les filières prioritaires, des bourses plus attractives et des investissements coordonnés dans les infrastructures de recherche et de formation pratique. Il souligne également la nécessité de renforcer les partenariats avec les entreprises et de maintenir des exigences de qualification conformes aux normes internationales, notamment en matière de langues étrangères et de compétences professionnelles.

À l’échelle locale, Vu Nam Phong plaide pour une coopération plus étroite entre les pouvoirs publics, les établissements de formation et les employeurs. Les entreprises devraient participer à l’identification des besoins en main-d’œuvre, à l’élaboration des programmes, à l’organisation des stages et au recrutement.

De son côté, Pham Van Muoi préconise de développer les formations de courte durée, la formation sur place, la reconversion professionnelle et la mise à niveau des compétences des travailleurs côtiers. L’enjeu est de favoriser des activités maritimes à plus forte valeur ajoutée, tout en garantissant aux communautés côtières des emplois, des revenus et des moyens de subsistance durables.- VNA/VI 


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