Selon le ministère de la Santé, le marché vietnamien du tourisme médical, estimé à environ 700 millions de dollars en 2024, pourrait atteindre près de 4 milliards de dollars d’ici 2033, avec une croissance annuelle moyenne de 18 %. Ces projections témoignent du fort potentiel de ce secteur.
Le ministère de la Santé recueille actuellement des avis sur un projet de développement de services médicaux de haute qualité, destiné à promouvoir le tourisme médical et à attirer aussi bien une clientèle étrangère que nationale. D’ici 2030, cinq localités clés – Hanoï, Ho Chi Minh-Ville, Da Nang, Quang Ninh et Khanh Hoa – mettront en œuvre un modèle intégré associant hôpitaux, hôtels, villégiatures et agences de voyages.
Un potentiel considérable
Selon le ministère de la Santé, le marché vietnamien du tourisme médical, estimé à environ 700 millions de dollars en 2024, pourrait atteindre près de 4 milliards de dollars d’ici 2033, avec une croissance annuelle moyenne de 18 %. Ces projections témoignent du fort potentiel de ce secteur.
Le Vietnam dispose de plusieurs atouts compétitifs : des coûts abordables, un personnel médical hautement qualifié et la maîtrise de techniques de pointe, notamment en cardiologie, en greffes d’organes, en fécondation in vitro et en soins dentaires. Ces avantages lui permettent de se positionner face aux grands pôles médicaux de la région.
Le Vietnam dispose de plusieurs atouts compétitifs : des coûts abordables, un personnel médical hautement qualifié et la maîtrise de techniques de pointe, notamment en cardiologie, en greffes d’organes, en fécondation in vitro et en soins dentaires. Photo : VNAAfin d’exploiter pleinement ce potentiel, le ministère élabore un plan de développement des services médicaux de haute qualité pour la période 2025-2030. L’objectif est d’attirer une clientèle étrangère ainsi que des Vietnamiens à fort pouvoir d’achat, tout en limitant les départs à l’étranger pour des soins.
À l’horizon 2030, les cinq localités phares mentionnées devront mettre en œuvre ce modèle intégré associant hôpitaux, hôtels, villégiatures et voyages, une étape importante dans la construction d’un écosystème de santé complet. Le projet prévoit également le développement d’au moins 15 hôpitaux aux normes internationales, dont cinq établissements publics. L’offre sera diversifiée, allant des traitements de haute technologie à la médecine traditionnelle associée à des séjours de bien-être.
Vers un écosystème associant médecine et villégiature
Hanoï ambitionne de devenir une destination de tourisme médical de rayonnement régional et international. Dès 2026, la capitale prévoit de moderniser ses infrastructures, de renforcer la formation de son personnel et de déployer l’intelligence artificielle afin d’améliorer le diagnostic précoce. Plusieurs grands projets – le deuxième établissement de l’Hôpital d’oncologie, l’Hôpital de cardiologie, l’Hôpital Saint-Paul et la 2e phase de l’Hôpital pédiatrique – bénéficieront d’investissements, parallèlement au développement de complexes modernes de soins et de rééducation.
Dans le secteur privé, le modèle hybride associant traitement et villégiature commence également à émerger, à l’image de l’hôpital Vinmec Ocean Park 2, dans la province de Hung Yen, qui propose des soins 24 heures sur 24 dans des villas privées au sein d’un environnement haut de gamme.
Le docteur Do Tan Khoa, directeur de l’Hôpital de médecine traditionnelle de Ho Chi Minh-Ville, souligne que cette discipline constitue un atout important pour attirer les touristes internationaux. Au-delà du traitement, elle englobe désormais la remise en forme et l’amélioration de la qualité de vie, répondant ainsi à une demande croissante.
Tran Quang Huy, directeur de l’agence de voyages Chim Canh Cut à Ho Chi Minh-Ville, explique que la réorganisation d’unités administratives permet de diversifier les circuits. Autrefois limités à l’ancienne Ho Chi Minh-Ville pour des soins dentaires ou de base, les séjours incluent désormais des soins spécialisés, des services esthétiques et des offres de villégiature grâce à la fusion avec Binh Duong et Ba Ria-Vung Tau.
Selon Bui Thi Ngoc Hieu, directrice adjointe du Service du tourisme de Ho Chi Minh-Ville, de 30 à 40 % des patients accueillis dans la ville proviennent actuellement d’autres provinces ou de l’étranger, principalement du Cambodge et du Laos, avec une hausse notable des patients venus des États-Unis, d’Australie, du Canada, du Japon ainsi que de la diaspora vietnamienne.
Le vice-ministre de la Santé, Tran Van Thuan, estime que le tourisme médical s’impose comme une tendance appelée à se renforcer face à une demande croissante. Grâce à des coûts compétitifs, à une expertise en progression et à une riche tradition médicale, le Vietnam améliore l’accès aux soins pour sa population tout en ouvrant de nouvelles perspectives prometteuses pour les secteurs du tourisme et de la santé. -VNA/VI