Mesdames et Messieurs les dirigeants et anciens dirigeants du Parti, de l’État; de l'Assemblée nationale, du gouvernement et du Front de la Patrie du Vietnam,
Mesdames et Messieurs les députés de l’Assemblée nationale de la XVIe législature, ainsi que les représentants du corps diplomatique et les amis internationaux,
Chers électeurs, compatriotes de tout le pays et communauté vietnamienne à l’étranger,
Aujourd’hui, l’Assemblée nationale de la République socialiste du Vietnam, XVIe législature, ouvre sa première session – une session d’une importance particulièrement significative, marquant le début d’un nouveau mandat de l’organe représentatif suprême du peuple, organe du pouvoir d’État le plus élevé de notre pays.
Il s’agit d’une session visant à consolider l’organisation de l’appareil de l’État conformément à la Constitution ; en même temps, c’est une session centrée sur l’institutionnalisation de la Résolution du XIVe Congrès national du Parti, afin de créer les bases juridiques, institutionnelles et les dynamiques de politiques permettant au pays d’entrer dans une nouvelle période de développement : un développement rapide, durable, riche en identité, fondé sur la science et la technologie, l’innovation et l’aspiration à se développer fortement de toute la nation.
Au nom du Comité central du Parti, je félicite chaleureusement les très bons résultats des élections des députés de l’Assemblée nationale de la XVIe législature et des membres des Conseils populaires à tous les niveaux pour le mandat 2026–2031. Je félicite respectueusement les députés de l’Assemblée nationale et les membres des Conseils populaires à tous les niveaux qui ont été choisis avec confiance par les électeurs de tout le pays. Il s’agit d’un grand honneur, mais en même temps d’une responsabilité très lourde devant le Parti, devant le peuple et devant l’avenir du pays.
À cette occasion, nous reconnaissons et apprécions hautement les contributions importantes de l’Assemblée nationale, des députés de la XVe législature et des membres des Conseils populaires à tous les niveaux pour le mandat 2020-2025. Au cours du mandat écoulé, l’Assemblée nationale et les Conseils populaires à tous les niveaux ont déployé des efforts pour renouveler leur organisation et leurs modes de fonctionnement, améliorer la qualité de la législation et de la supervision, décider de nombreuses questions importantes, contribuant à lever les obstacles institutionnels, à la reprise et au développement socio-économiques, à la consolidation de la défense et de la sécurité, ainsi qu’à l’amélioration de la position internationale du pays. Ces résultats, conjugués à la tradition glorieuse de 80 ans de l’Assemblée nationale du Vietnam, constituent une base importante pour que l’Assemblée nationale de la XVIe législature puisse hériter, promouvoir et porter ces acquis à une nouvelle hauteur.
Le leader du PCV To Lam prononce un discours lors de la première session de la 16e AN. Photo : VNA
Mesdames et Messieurs les députés, chers compatriotes et électeurs de tout le pays,
Le monde connaît aujourd’hui des transformations très rapides et très profondes, tant en ampleur qu’en intensité. La concurrence stratégique entre les grandes puissances devient de plus en plus vive, tandis que l’ordre mondial et le droit international font face à de nombreux défis. Les chaînes d’approvisionnement, les flux de capitaux, les technologies et les marchés mondiaux sont en cours de restructuration. Les défis de sécurité, traditionnels comme non traditionnels, s’entrecroisent et affectent de plus en plus directement l’environnement ainsi que l’espace de développement de chaque nation. En particulier, le développement fulgurant de l’intelligence artificielle, des mégadonnées, des technologies numériques et des avancées scientifiques et technologiques transforme en profondeur les modes de production, les modèles de croissance, les méthodes de gouvernance nationale, ainsi que la vie sociale elle-même. Dans ce contexte, tout pays capable d’adopter une proactivité stratégique, de réformer à temps ses institutions, de libérer les capacités créatrices, de mobiliser les ressources de l’ensemble du peuple et de saisir les nouvelles opportunités, sera en mesure de prendre l’avantage et de développer.
Notre pays, fort de 4.000 ans de civilisation, de 96 années sous la direction du Parti et de près de 40 années de Renouveau, a enregistré des réalisations considérables, d’une portée historique. Mais nous devons aussi regarder la réalité en face : les exigences de cette nouvelle phase de développement imposent des attentes plus élevées, plus rapides et plus résolues en matière d’institutions, de modèle de croissance, de qualité de la gouvernance nationale, de capacité de réaction des politiques publiques, de discipline dans l’exécution et d’amélioration du niveau de vie de la population. Le XIVe Congrès national du Parti a clairement fixé les objectifs de développement à l’horizon 2030, avec une vision à l’horizon 2045, tout en soulignant la nécessité de renouveler la pensée du développement, de libérer toutes les ressources et de mobiliser au plus haut niveau la force de la grande union nationale. Dans ce processus, l’Assemblée nationale doit se renouveler de manière plus vigoureuse, plus substantielle et plus efficace, afin d’assumer pleinement et dignement la haute mission que lui confère la Constitution.
Je tiens à souligner ceci : l’Assemblée nationale est le lieu où se cristallisent la volonté, les aspirations et la souveraineté populaire ; elle est l’organe qui décide des grandes questions du pays ; elle est aussi le lieu où les orientations du Parti se traduisent en lois, en politiques publiques et en force d’action concrète. Chaque député doit toujours avoir pleinement conscience qu’il ne représente pas seulement sa circonscription électorale, qu’il ne porte pas seulement la confiance exprimée par le vote des électeurs, mais qu’il assume également une responsabilité à l’égard du destin de la nation, de la confiance du peuple et de l’avenir des générations futures.
Dans cet esprit, je propose à l’Assemblée nationale de la XVIe législature de concentrer ses efforts sur l’accomplissement exemplaire des quatre grandes missions suivantes.
Premièrement : renouveler en profondeur le travail législatif afin de bâtir coûte que coûte un système juridique moderne, cohérent, stable, applicable et porteur de développement.
L’Assemblée nationale doit se concentrer davantage encore sur le renforcement de sa capacité à institutionnaliser et à concrétiser les résolutions du Parti en politiques publiques et en lois ; à créer un cadre juridique solide permettant de mener à bien les missions de développement socio-économique pour la période 2026–2031 et les années suivantes. Le système juridique doit véritablement devenir le fondement institutionnel du développement, un instrument de protection des droits de l’homme et des droits du citoyen, ainsi qu’un moteur favorisant l’innovation, libérant les forces productives et ouvrant de nouveaux espaces de développement pour le pays.
Au cours de la période écoulée, bien que le système juridique ait été sensiblement amélioré, il subsiste encore des chevauchements, des contradictions et un manque de cohérence ; certaines dispositions restent imprécises, instables ou en décalage avec la réalité, ce qui alourdit les coûts de conformité, retarde les opportunités de développement et complique la tâche des citoyens, des entreprises, ainsi que de l’appareil d’exécution lui-même. C’est pourquoi l’Assemblée nationale doit ordonner un réexamen global du système juridique, perfectionner l’architecture du système juridique national et remédier avec fermeté aux situations de « lois entravantes », de chevauchements normatifs et de renvoi excessif de responsabilité aux textes d’application. Il faut faire en sorte que les lois adoptées puissent réellement entrer dans la vie, être faciles à comprendre pour les citoyens, faciles à appliquer pour les entreprises et faciles à mettre en œuvre pour les organes de l’État.
Il convient en particulier de renouveler fondamentalement la pensée en matière d’élaboration de la loi dans une logique de développement. Le droit ne doit pas seulement servir à gérer l’existant, mais aussi à ouvrir la voie au nouveau ; il ne doit pas seulement réguler la réalité présente, mais aussi façonner l’avenir ; la loi ne doit pas seulement « ouvrir la voie », elle doit aussi « aménager la voie ». S’agissant des questions nouvelles, des domaines nouveaux, des modèles nouveaux et des nouvelles forces productives, il convient d’adopter des approches appropriées, d’oser expérimenter avec contrôle, afin de créer un espace propice à l’innovation et de renforcer la compétitivité nationale. Le processus législatif doit être véritablement scientifique, démocratique et transparent, en étant à l’écoute des experts, des scientifiques, des expériences internationales, des entreprises et du peuple. Chaque loi doit partir de l’intérêt national, de l’intérêt légitime du peuple ; il faut résolument prévenir et combattre les intérêts de groupe, les intérêts sectoriels et toutes les influences négatives susceptibles de déformer les politiques publiques. Il faut opérer une transition nette, en passant d’une logique consistant à « faire des lois pour compléter le système » à une logique visant à « faire des lois pour développer le pays » ; d’un « bon droit sur le papier » à un « bon droit dans la vie réelle ». L’efficacité de l’application des lois et le niveau de satisfaction des citoyens et des entreprises doivent constituer le critère suprême d’évaluation de la qualité du travail législatif.
Deuxièmement : élever la supervision suprême de l’Assemblée nationale à un niveau plus substantiel, plus incisif, allant jusqu’au bout des responsabilités et des résultats.
La supervision constitue l’un des pouvoirs les plus importants de l’Assemblée nationale. Mais elle ne peut s’arrêter à la seule identification des insuffisances ou à l’énumération des lacunes. Elle doit véritablement devenir un instrument permettant de renforcer l’efficacité et l’efficience de la gouvernance nationale ; elle doit contribuer à corriger ce qui doit l’être, à mieux faire, à lever les blocages, à alerter précocement sur les risques et à impulser l’action. En d’autres termes, la supervision ne doit pas seulement servir à « vérifier ce qui a été fait », mais aussi à « orienter ce qui doit être fait », à identifier à temps les dysfonctionnements susceptibles d’apparaître, et surtout à aller jusqu’à la question ultime : le problème a-t-il réellement été résolu ?
Je propose que, durant ce mandat, l’Assemblée nationale concentre sa supervision sur les grandes questions, les secteurs clés et les « blocages parmi les blocages » du développement ; sur les questions urgentes qui préoccupent les électeurs et la population ; en particulier sur la mise en œuvre des grandes orientations du Parti, l’application des lois, l’utilisation des ressources nationales, la gestion des biens publics, la pratique de l’économie, la lutte contre le gaspillage et la responsabilité de rendre compte des organes de l’État. Chaque contenu de supervision doit être lié à des responsabilités précises, à des délais précis, à des produits concrets et à des résultats concrets ; la supervision doit s’appuyer sur des données, des preuves, des indicateurs quantitatifs et sur une comparaison claire entre les objectifs fixés et les résultats obtenus.
Parallèlement, il convient de renforcer vigoureusement le rôle des organes de l’Assemblée nationale, des délégations de députés et de chaque député dans les activités de supervision ; tout en intensifiant la coordination entre la supervision de l’Assemblée nationale, les inspections et contrôles du Parti, les activités d’inspection, d’audit et les autres mécanismes de contrôle de l’État, afin de créer une force d’ensemble capable de pousser l’appareil à agir juste, agir vite et agir efficacement.
Troisièmement : renforcer la détermination et la vision dans la prise de décision sur les grandes questions nationales ; les décisions doivent être justes, pertinentes et opportunes, au service des intérêts à long terme du pays.
À l’heure où le pays entre dans une phase de développement à caractère historique, il est exigé de l’Assemblée nationale non seulement de prendre des décisions justes, mais aussi des décisions pertinentes et prises à temps ; car un retard dans une décision peut faire manquer une opportunité stratégique. Les questions relatives à l’économie et à la société, au budget de l’État, à l’investissement public, aux programmes cibles nationaux, aux projets d’importance nationale… sont toutes des décisions majeures, liées aux intérêts fondamentaux et durables de la nation, qui doivent être examinées de manière globale, scientifique et prudente, sans toutefois permettre que les retards deviennent un frein au développement.
Dans un contexte de ressources encore limitées, l’Assemblée nationale doit d’autant plus améliorer la qualité de l’analyse des politiques publiques, sa capacité de prévision stratégique et d’évaluation d’impact ; elle doit choisir les bonnes priorités, les bons leviers de rupture, les ouvrages clés et les secteurs importants afin de concentrer les ressources ; éviter toute dispersion, tout émiettement ou toute répartition uniforme. L’investissement ne doit pas seulement servir la croissance immédiate, mais aussi créer de nouveaux moteurs de croissance, de nouvelles capacités de compétitivité et de nouveaux espaces de développement pour les décennies à venir.
Chaque décision de l’Assemblée nationale doit être envisagée dans le cadre de la stratégie globale de développement national, dans un contexte international en évolution rapide, tout en répondant aux exigences d’indépendance, d’autonomie, de sécurité, de sûreté et de développement durable. L’Assemblée nationale décide pour le présent, mais elle doit assumer sa responsabilité devant l’avenir. Telle est l’expression de la détermination politique, de la vision stratégique, de l’intelligence législative et de la profondeur d’un organe suprême du pouvoir d’État.
Quatrièmement : poursuivre le renouvellement de l’organisation et des modes de fonctionnement de l’Assemblée nationale dans le sens de la modernité, du professionnalisme, de la proximité avec la population, de l’ancrage dans la réalité et d’une plus grande réactivité des politiques publiques.
Dans un monde en mutation constante, l’Assemblée nationale ne peut plus fonctionner selon les rythmes et les méthodes du passé. Elle doit être capable de s’adapter plus rapidement, de réagir plus promptement en matière de politiques publiques et de prendre des décisions plus rapidement, tout en garantissant rigueur et justesse. Il convient de poursuivre l’étude d’une augmentation raisonnable du nombre de sessions, ainsi que de diversifier et d’assouplir les formes de fonctionnement de l’Assemblée nationale et de ses organes, en particulier par une application vigoureuse des technologies numériques, des formats en ligne et d’un écosystème numérique, afin d’améliorer la rapidité, la proactivité et l’efficacité dans l’examen et la décision des politiques publiques.
Il faut également continuer à élever la qualité et l’efficacité de l’action de chaque député, en particulier des députés à plein temps ; consolider et valoriser davantage encore le rôle des délégations de députés afin qu’elles soient véritablement une passerelle entre l’Assemblée nationale, les électeurs et le peuple ; faire en sorte que chaque député dispose à la fois de fermeté politique, de compétences professionnelles, de capacité critique et de l’aptitude à porter fidèlement la voix du peuple à la tribune parlementaire.
L’Assemblée nationale doit entretenir des liens plus étroits encore avec le peuple ; élargir les canaux de réception et d’écoute des avis des électeurs, de la population, de la communauté des entreprises, des intellectuels et des scientifiques ; renforcer la publicité et la transparence dans l’ensemble de ses activités ; bâtir une Assemblée nationale numérique, moderne et intelligente, mais qui, avant tout, soit une Assemblée proche du peuple, comprenant le peuple, au service du peuple et agissant pour les intérêts du peuple. Lorsque la volonté populaire est entendue, lorsque la voix du peuple est fidèlement reflétée, lorsque les décisions prennent leur source dans les réalités de la vie, alors l’Assemblée nationale sera plus forte, l’État sera plus solide et la confiance sociale plus grande.
Ouverture de la première session de la 16e Assemblée nationale dans la matinée du 6 avril à Hanoï. Photo : VNA
Mesdames et Messieurs les députés, chers électeurs et compatriotes de tout le pays,
La XVIe législature de l’Assemblée nationale a commencé avec une responsabilité extrêmement lourde. J’ai la conviction et l’espoir que chaque député continuera sans relâche à renforcer sa fermeté politique, à élever son niveau, ses capacités et son sens des responsabilités ; qu’il sera véritablement proche du peuple, à l’écoute du peuple, compréhensif à l’égard du peuple, attentif à ses attentes, et qu’il reflétera fidèlement la volonté et les aspirations de la population ; qu’il placera, dans chaque décision, l’intérêt national au-dessus de tout et avant toute chose. Telles sont les qualités essentielles du représentant du peuple dans la nouvelle époque.
Face à cette nouvelle opportunité historique pour la nation, nous avons toutes les raisons de nourrir une confiance profonde : forts de la glorieuse tradition de 80 années de l’Assemblée nationale du Vietnam ; sous la direction ferme et éclairée du Parti ; avec l’unité et le soutien du peuple ; avec la coordination étroite du gouvernement et de l’ensemble du système politique ; avec l’esprit démocratique, créatif, enthousiaste et responsable de l’ensemble des députés, l’Assemblée nationale de la XVIe législature accomplira à coup sûr avec succès la haute mission que lui ont confiée le Parti, l’État et le peuple ; contribuant, avec l’ensemble du Parti, du peuple et de l’armée, à concrétiser l’aspiration à bâtir un Vietnam pacifique, indépendant, démocratique, puissant, prospère, civilisé, heureux, avançant avec assurance sur la voie du socialisme.
Une fois encore, je souhaite aux dirigeants et anciens dirigeants du Parti, de l’État et du Front de la Patrie du Vietnam ; aux députés ; aux invités d’honneur ainsi qu’à l’ensemble de nos compatriotes et camarades, santé, bonheur et succès.
Je souhaite plein succès à la première session de l’Assemblée nationale de la XVIe législature.
Je vous remercie sincèrement./.