Au premier trimestre 2026, le chiffre d'affaires des exportations vietnamiennes de tilapia s'est élevé à 35 millions de dollars, marquant une augmentation de près de 190 % en glissement annuel.
Dans un contexte mondial marqué par l'instabilité géopolitique, la hausse des prix des carburants et des frais logistiques, la croissance à trois chiffres des exportations de tilapia vers de nouveaux marchés au début de l'année est un signal réjouissant. Toutefois, cette progression cache des défis à relever : les risques de marché, la capacité d'adaptation et la nécessité de stratégies efficaces.
Les exportations vietnamiennes de tilapia connaissent une forte accélération. Le chiffre d'affaires a atteint 99 millions de dollars en 2025 (+140 % par rapport à 2024). Au premier trimestre 2026, il s'est élevé à 35 millions de dollars, marquant une augmentation de près de 190 % en glissement annuel. Fait remarquable, cette croissance s'étend bien au-delà des marchés traditionnels.
Phuong Linh, experte de l'Association des producteurs et exportateurs de produits aquatiques du Vietnam (VASEP), indique que les exportations ont fortement augmenté presque partout aux deux premiers mois. Par rapport à 2025, la hausse dépasse 600 % en République dominicaine et 200 % aux Pays-Bas. Au Moyen-Orient, la croissance atteint un niveau exceptionnel de plus de 2 300 %. L'ASEAN enregistre une progression de près de 400 %, illustrant le besoin de remplacer les poissons à chair blanche traditionnels.
Actuellement, le tilapia vietnamien est principalement expédié vers les États-Unis et le Brésil. Ce dernier, important producteur mondial renforçant sa compétitivité, absorbe près de 50 % des exportations en début d’année. Cette concentration rapide expose le secteur à des incertitudes liées aux politiques commerciales et à l’évolution de la demande. Par ailleurs, les droits de douane américains, les tensions au Moyen-Orient et la hausse des coûts logistiques continuent d’exercer une pression sur les flux commerciaux.
Pour assurer une croissance durable, les entreprises ciblent des destinations offrant des avantages logistiques, exploitent les accords de libre-échange et se concentrent sur la demande réelle. Parallèlement, le marché intérieur de plus de 100 millions d'habitants devient un atout majeur.
Nguyen Dang Ngoc, directeur général adjoint de Viet Nhat Group, souligne que le tilapia est sain et familier pour les Vietnamiens. Développer conjointement les marchés intérieur et international permet de fournir des produits de qualité, d'améliorer la marque et de garantir une rentabilité pérenne.
Dans sa stratégie à l’horizon 2030, le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement identifie le tilapia comme une espèce à fort potentiel, aux côtés des crevettes et du pangasius, et encourage une aquaculture industrielle, technologique et durable.
Tran Dinh Luan, directeur de la Pêche et de la Surveillance des pêches, précise que le pays dispose de 1,3 million d'hectares de plans d'eau favorables. La demande mondiale devrait croître de 13 % par an pour atteindre 20 milliards de dollars en 2030. Le ministère promeut des normes comme VietGAP ou GlobalGAP pour consolider les zones d'approvisionnement.
Au premier trimestre 2026, le chiffre d'affaires des exportations vietnamiennes de tilapia s'est élevé à 35 millions de dollars, marquant une augmentation de près de 190 % en glissement annuel. Photo : VASEP
Devenu un produit mondialisé, le tilapia pourrait s’imposer comme le troisième pilier de l’aquaculture vietnamienne. La forte croissance observée début 2026 confirme la capacité d’adaptation du secteur. En valorisant ses atouts et ses technologies, cette filière contribuera significativement à l’objectif d’atteindre 14 à 16 milliards de dollars d’exportations aquatiques d’ici 2030.- VNA/VI