Actuellement, les petites embarcations opérant à proximité des côtes représentent environ 57 % de la flotte de Da Nang. Cette concentration exerce une pression excessive sur la biodiversité marine et menace l’équilibre d’écosystèmes fragiles, notamment les récifs coralliens et les herbiers marins de la région.
Face aux enjeux de la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), la ville de Da Nang s’engage dans une restructuration en profondeur de sa flotte de pêche. L’objectif est de réduire la pression sur les ressources halieutiques côtières tout en accompagnant les pêcheurs vers des activités plus durables.
Actuellement, les petites embarcations opérant à proximité des côtes représentent environ 57 % de la flotte locale. Cette concentration exerce une pression excessive sur la biodiversité marine et menace l’équilibre d’écosystèmes fragiles, notamment les récifs coralliens et les herbiers marins de la région.
Dans les villages côtiers tels que Long Thanh, commune de Tam Xuân, la pêche au petit chalut demeure un moyen de subsistance traditionnel. Toutefois, cette pratique est aujourd’hui considérée comme particulièrement néfaste, car elle capture indistinctement toutes les espèces, sans respect des tailles ni des cycles biologiques.
Selon Tran Dac Cu, chef du village de Long Thạnh, si les pêcheurs sont conscients de l’épuisement progressif des ressources, le coût élevé des équipements de remplacement ainsi que le manque de certifications professionnelles (capitaine, mécanicien) constituent des freins majeurs à la transition vers la pêche hauturière.
Le vice-président du Comité populaire de la commune de Tam Xuân, Doan Van Linh, souligne quant à lui l’urgence de régulariser la situation des navires dits « trois sans » (sans immatriculation, sans inspection et sans licence).
Les enquêtes menées localement montrent que de nombreux propriétaires se disent prêts à abandonner leurs petites embarcations, à condition de bénéficier d’un soutien financier suffisant pour se reconvertir vers l’aquaculture, les services logistiques ou le tourisme.
Avec plus de 228 km de côtes et 670 espèces marines, Da Nang possède un patrimoine naturel précieux. Le directeur adjoint du Comité de gestion de la Zone de protection marine de Cu Lao Cham, Nguyen Van Vu, explique que les zones côtières servent de zones de reproduction essentielles. L'usage intensif de filets traînants détruit ces habitats et empêche le renouvellement des stocks de poissons, de crevettes et de calmar.
Vo Van Long, chef du sous-Département des mers, îles et de la pêche de la ville de Da Nang, confirme que la structure actuelle de la flotte n'est plus adaptée. La présence persistante de 86 navires pratiquant le chalutage de fond aggrave le risque de dégradation environnementale irréversible.
Afin de répondre à ces défis, le Comité populaire municipal prépare un projet de résolution pour la période 2026-2030, doté d’un budget estimé à plus de 60 milliards de dôngs. Les principales mesures envisagées comprennent le versement d’indemnités allant de 20 à 100 millions de dôngs par navire, selon sa taille, afin d’encourager le retrait des embarcations inadaptées. Le projet prévoit également une prise en charge de 50 % des coûts — plafonnée à 50 millions de dôngs — pour les pêcheurs renonçant au chalutage au profit de méthodes de pêche légales.
À cela s’ajoutent des aides financières destinées à l’achat d’assurances, de moteurs neufs et d’équipements de surveillance par satellite. L’objectif final est de transformer l'industrie de la pêche vers un modèle moderne, responsable et capable de s'adapter au changement climatique. Les autorités et les pêcheurs espèrent une mise en œuvre rapide de ces mesures dès 2026 pour garantir le bien-être social et assurer l'avenir de la filière halieutique de Da Nang. -VNA/VI