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Croissance : les organisations internationales confiantes mais vigilantes

Selon les dernières données de l’Office national des statistiques relevant du ministère des Finances, le produit intérieur brut (PIB) du Vietnam a progressé de 8,39 % au deuxième trimestre, portant la croissance du premier semestre à 8,18 %. Il s’agit du taux le plus élevé enregistré pour un premier semestre depuis plusieurs années, nettement supérieur à celui de la même période de 2025.

Portée par le dynamisme de l’industrie, des investissements, de la consommation et des exportations, l’économie vietnamienne a enregistré une croissance remarquable au premier semestre 2026, saluée par plusieurs organisations internationales. Celles-ci estiment toutefois que le maintien des grands équilibres macroéconomiques constituera le principal défi pour la seconde moitié de l’année.

 

  Le produit intérieur brut (PIB) du Vietnam a progressé de 8,39 % au deuxième trimestre. Photo: VNA  

 Une croissance impressionnante portée par une structure équilibrée

Selon les dernières données de l’Office national des statistiques relevant du ministère des Finances, le produit intérieur brut (PIB) du Vietnam a progressé de 8,39 % au deuxième trimestre, portant la croissance du premier semestre à 8,18 %. Il s’agit du taux le plus élevé enregistré pour un premier semestre depuis plusieurs années, nettement supérieur à celui de la même période de 2025.

Pour Shantanu Chakraborty, directeur national de la Banque asiatique de développement (BAD) au Vietnam, ces résultats témoignent de la résilience de l’économie vietnamienne dans un contexte international encore marqué par de nombreuses incertitudes.

Selon Vu Binh Minh, directeur des activités de marchés de capitaux et monétaires de HSBC Vietnam, cette performance s’explique par une structure de croissance plus équilibrée que lors des cycles précédents, grâce au renforcement des moteurs internes. Dans le même sens, Bui Minh Giap, économiste en chef de la BAD au Vietnam, estime que cette dynamique repose sur la contribution conjointe de l’industrie, de la construction, des services, des exportations, des investissements directs étrangers (IDE), des investissements publics ainsi que de la reprise de la demande intérieure.

L’industrie manufacturière demeure le principal moteur de la croissance. Selon la banque UOB, la production industrielle a progressé de 10,8 % au premier semestre, portée par les industries manufacturières et de transformation (+11,4 %), notamment grâce à la forte demande mondiale liée au développement de l’intelligence artificielle.

Parallèlement, les investissements publics continuent de soutenir l’activité économique. HSBC souligne que les dépenses consacrées aux infrastructures représentent entre 6 et 7 % du PIB, un niveau supérieur à la moyenne régionale, permettant au Vietnam d’utiliser efficacement ses ressources budgétaires dans un contexte où les marges d’assouplissement monétaire demeurent limitées.

La demande intérieure poursuit également son redressement. Les ventes au détail ont progressé de 12,9 % au premier semestre, tandis que le pays a accueilli près de 12,3 millions de visiteurs internationaux. Selon HSBC, le renforcement de ces moteurs internes contribue à améliorer la capacité de l’économie à absorber les chocs extérieurs.

Les investissements directs étrangers continuent eux aussi d’afficher une dynamique positive malgré les incertitudes géopolitiques. Les capitaux enregistrés ont atteint 34,65 milliards de dollars au premier semestre, en hausse de 61 % sur un an, tandis que les décaissements se sont établis à 13,03 milliards de dollars, leur plus haut niveau depuis cinq ans.

Pour UOB, ces résultats confirment que le Vietnam demeure l’une des principales destinations de la diversification des chaînes d’approvisionnement mondiales. Vu Binh Minh souligne pour sa part que le niveau élevé des capitaux effectivement décaissés reflète la confiance des investisseurs étrangers. Il relève également que les opérations d’acquisition de participations par des investisseurs internationaux ont bondi de près de 90 %, illustrant une nouvelle étape dans la relocalisation des chaînes de production vers le Vietnam.


Les pressions pour la seconde moitié de l'année

Malgré ces résultats encourageants, plusieurs organisations internationales estiment que le maintien des équilibres macroéconomiques constituera le principal défi pour le Vietnam au cours des prochains mois.

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L’industrie manufacturière demeure le principal moteur de la croissance. Photo: VNA

HSBC met en garde contre les pressions croissantes pesant sur le commerce extérieur, l'inflation, le taux de change et les taux d'intérêt.

Au premier semestre, le Vietnam a enregistré un déficit commercial de 16,65 milliards de dollars. HSBC souligne toutefois que cette hausse des importations s'explique principalement par les achats de machines, d'équipements et de matières premières destinés à soutenir la production future. La BAD et HSBC estiment néanmoins que cette situation reflète la dépendance persistante de l'économie vietnamienne à l'égard des intrants importés, ce qui accentue les pressions sur le taux de change.

L'inflation demeure également sous surveillance. L'indice des prix à la consommation (IPC) a progressé en moyenne de 4,38 % au premier semestre, se rapprochant de l'objectif de 4,5 % fixé par l'Assemblée nationale, tandis que l'inflation sous-jacente s'est établie à 4,12 %.

Selon HSBC, l'accélération des prix observée à la fin du deuxième trimestre, sous l'effet de la hausse des coûts de l'énergie, des matières premières importées et de certains produits alimentaires, réduit la marge de manœuvre de la politique monétaire et appelle à une gestion prudente. Les tensions sur le marché des changes restent également présentes.

Après un début d'année favorable au dong vietnamien, l'augmentation de la demande de devises liée aux importations et aux paiements internationaux a renforcé les pressions sur le taux de change. Dans ce contexte, DBS et UOB estiment que la Banque d'État du Vietnam devrait maintenir ses taux directeurs inchangés jusqu'à la fin de 2026 afin de concilier soutien à la croissance et maîtrise de l'inflation.

Ces perspectives favorables ont conduit plusieurs institutions financières internationales à relever leurs prévisions de croissance pour le Vietnam. Standard Chartered, UOB et DBS ont ainsi revu leurs estimations à la hausse. Standard Chartered prévoit notamment une croissance du PIB de 9,5 % en 2026, puis de 11 % en 2027.

Pour HSBC, le véritable défi du second semestre ne résidera plus dans la capacité du Vietnam à maintenir une croissance élevée, mais dans son aptitude à préserver les grands équilibres macroéconomiques tout en poursuivant son développement dans un environnement international marqué par de fortes incertitudes. Selon la banque, la stabilité de l'inflation, du taux de change, des taux d'intérêt et du commerce extérieur sera déterminante pour consolider les acquis de la reprise et soutenir une croissance durable. - VNA/VI 


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