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Commerce de détail : les épiceries traditionnelles face au défi de l’adaptation

Face à l’essor des supérettes et du commerce électronique, les épiceries traditionnelles vietnamiennes doivent adapter leurs activités pour rester compétitives.

Alors que le marché vietnamien de la distribution poursuit sa croissance, l'expansion des supérettes, des magasins de proximité et du commerce électronique accentue la concurrence pour les petites épiceries traditionnelles. Pour maintenir leurs activités, ces commerces doivent adapter leurs méthodes de vente, leur gestion financière et leurs services aux clients.

  Les petites épiceries font face à la forte concurrence avec les modèles de distribution modernes. Photo : VNA  

 

Selon l'Office national des statistiques, le total des ventes au détail de biens et des recettes des services de consommation a atteint environ 5.925.700 milliards de dôngs au cours des neuf premiers mois de 2026, en hausse de 13,4 % sur un an. Hors effet des prix, la progression n'a toutefois été que de 7,8 %. Les ventes de biens ont représenté 4.463.600 milliards de dôngs, soit 75,3 % du total, en augmentation de 12,8 %.

Ces chiffres témoignent d'une croissance soutenue du marché, mais ne reflètent pas entièrement l'évolution du pouvoir d'achat réel. Pour les épiceries traditionnelles, la croissance du marché offre encore des perspectives.

Pendant longtemps, les épiceries de quartier ont bénéficié de leur proximité avec les habitants, de la rapidité des achats et des relations de confiance avec leurs clients. Mais l'implantation croissante des supérettes et des magasins de proximité dans les quartiers résidentiels remet en cause ces avantages. Grâce à leurs promotions, à une offre plus diversifiée et à des prix compétitifs, les chaînes modernes attirent une partie de leur clientèle.

Vuong Thi Mai, propriétaire d'une épicerie dans la commune de Huong Son, à Hanoï, constate une baisse de fréquentation depuis l'ouverture d'une supérette à proximité, notamment lors des périodes de promotion. Avec des marges réduites et des volumes d'achat limités, les petits commerces peinent à s'aligner sur les prix de leurs concurrents.

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Pour maintenir leurs activités, les commerçants doivent adapter leurs méthodes de vente, leur gestion financière et leurs services aux clients. Photo: VNA

La concurrence s'accompagne également d'une évolution des attentes des consommateurs, de plus en plus attentifs aux prix, à la qualité, à l'origine des produits et aux conditions d'achat. Or, de nombreuses épiceries continuent de fonctionner selon des méthodes traditionnelles, sans outils adaptés pour suivre leurs stocks et leurs ventes.

Pour conserver leurs clients, certains commerçants misent sur des services plus souples et personnalisés. Dans le quartier de Ha Dong, à Hanoï, un épicier nommé Tan explique ouvrir son magasin tôt le matin et le fermer tard le soir, prendre des commandes par téléphone et proposer la livraison à domicile. Il permet également à ses clients habituels de régler leurs achats en fin de mois.

Selon l'économiste Dinh Trong Thinh, les épiceries traditionnelles n'ont pas nécessairement besoin de s'agrandir ni de copier le modèle des grandes chaînes. Elles doivent plutôt s'appuyer sur leurs atouts et répondre aux besoins de leur clientèle locale.

Pour améliorer leur compétitivité, les petits commerçants peuvent privilégier les produits essentiels qui se vendent rapidement, mieux gérer leurs stocks et choisir leurs fournisseurs en tenant compte des prix, de la qualité et de l'origine des marchandises.

L'adoption d'outils numériques simples peut également faciliter leurs activités. Des logiciels de gestion des ventes et des stocks, les paiements par code QR ou la prise de commandes par téléphone et messagerie permettent de mieux suivre les recettes et de simplifier les transactions.

Toutefois, cette transition doit rester adaptée aux moyens de chaque commerce. Pour les petites épiceries disposant de ressources limitées, la priorité peut être de réduire les stocks, de maîtriser les coûts et de fidéliser les clients, plutôt que d'investir dans des équipements coûteux ou de nouveaux services.

L'essor de la distribution moderne ne signifie donc pas la disparition des épiceries traditionnelles. Leur avenir dépendra de leur capacité à s'adapter, à mieux gérer leurs ressources et à préserver les avantages du commerce de proximité. – VNA/VI 


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