29/11/2015 08:32 GMT+7 Email Print Like 0

Facebook, un outil à double tranchant pour les élèves

Depuis sa création en 2004, le réseau social Facebook est de plus en plus présent dans notre vie quotidienne. Pourtant, il peut avoir une influence négative sur la concentration durant les études ou le travail, notamment chez les mineurs. Explications.

Mark Zuckerberg et quatre de ses amis ont fondé Facebook voilà onze ans. Initialement destiné aux étudiants de l’Université de Harvard, le réseau social a rapidement dépassé les murs de l’établissement. Petit à petit, il est devenu partie prenante du quotidien de toutes les tranches d’âge de la population. «Lundi 24 août, une personne sur sept sur Terre a utilisé Facebook pour entrer en contact avec ses amis ou sa famille», souligne Mark Zuckerberg.

Aujourd’hui, la plupart des internautes possèdent un compte Facebook. Il s’agit du site le plus visité au monde, juste derrière le moteur de recherche Google. Il est devenu indispensable dans la vie de la génération «écran». Lorsqu’ils se connectent sur Facebook, les utilisateurs le font dans un esprit de détente et de loisirs. Ils peuvent jouer à leurs jeux favoris (le poker par exemple), discuter avec un ou plusieurs amis en même temps, partager leurs sentiments ou des photos. Une façon de faire face au stress du travail.

La plate-forme est également un moyen de s’informer et de demander des conseils sur n’importe quel sujet : du déménagement à la cuisine en passant par les relations amoureuses et la maternité. En quelques clics, on peut trouver toutes ces informations sur les pages personnelles ou des organisations. Le plus grand réseau social au monde est un pont entre candidats et recruteurs, donateurs et personnes dans le besoin, autorités et population, etc. Il favorise le recrutement, le commerce et les activités sociales. Impossible de lister tous ses avantages.

Des mineurs accros à Facebook

Pour toutes ces raisons, la plupart des gens et en particulier les mineurs n’hésitent pas à naviguer plusieurs heures sur Facebook. Cette habitude peut devenir une «drogue» qui influe directement sur leur travail et leurs études. Récemment, les professeurs du Département de psychologie de l’Université pédagogique de Hô Chi Minh-Ville ont réalisé une enquête auprès 600 jeunes, concernant leur utilisation de Facebook. Résultat : 65% estime que «le produit de Mark Zuckerberg» est la plate-forme récréative la plus attrayante. Ils la préfèrent à d’autres sites internet de divertissement.

Plusieurs élèves sont dépendants de cette page. «Facebook est indispensable à ma vie. Je l’utilise presque 24 heures sur 24. Je peux ainsi discuter avec mes amis n’importe quand», confie une élève de 12 ans du collège Câu Kiêu, arrondissement de Phu Nhuân, à Hô Chi Minh-Ville. Un autre élève de la même école partage : «Je suis un facebookeur professionnel. Mais je sais que cela comporte des inconvénients. Quand je me connecte, je vois beaucoup d’informations déplorables, des images peu reconmandables et des clips vidéos inutiles».

Ce site permet de comprendre le fonctionnement de la société actuelle. Pourtant, en abuser perturbe le cursus scolaire des jeunes utilisateurs. Nombreux sont ceux qui ne se concentrent pas sur leurs devoirs car ils se connectent sur Facebook pour mettre à jour les messages, les commentaires, etc. Les parents ne cautionnent pas cette attitude. «Mon fils est souvent devant l’écran pour chater avec ses amis. Ils sont toujours réticents à sortir avec moi », dit une mère.

Échange parents-enfants primordial

«Mes résultats scolaires sont en chute libre depuis que j’ai un compte Facebook. J’ai de la peine à me déconnecter. Parfois, je ne dors pas pour discuter avec mes amis», concède un élève de 13 ans. Un autre problème concerne le langage utilisé par les facebookeurs. Les jeunes aiment publier des phrases grossières et en argot qu’ils n’osent pas utiliser dans la vie quotidienne. L’agrégée Mai My Hanh conseille donc aux parents et aux enseignants «d’aider les élèves à choisir des distractions qui favorisent leur développement».

Préoccupée par ce problème, la sociologue Vu Thai Hà fait part de son point de vue sur le réseau social planétaire. «Facebook est très attractif. C’est pourquoi tout le monde veut le découvrir. Moi aussi, je l’utilise deux heures par jour», confie-t-elle. Pour éviter de devenir accro, elle n’utilise pas le bouton «like» (aimer) ni l’option «comment» (commenter). Elle craint de tomber dans le cercle vicieux : message, réponse, commentaire, et ainsi de suite.

Selon elle, il est nécessaire de publier des livres qui donnent des conseils pour l’utilisation efficace de Facebook. En fonction des types d’utilisateurs : élèves, étudiants, personnes âgées, employées de bureau, etc. Enseignants et parents doivent coopérer pour sensibiliser les jeunes aux avantages et aux inconvénients de ce moyen de distraction.

Elle souligne que «les parents doivent souvent discuter avec leurs enfants et se tenir au fait des avancées technologiques». Ils sont ceux qui peuvent les aider les plus efficacement à utiliser ce réseau social de manière raisonnable. - CVN/VNA/VI