04/12/2015 10:19 GMT+7 Email Print Like 0

Une vendeuse de sabots depuis 50 ans au marché Bên Thành

Mme Nguyên Thi Liên, 72 ans, façonne chaque  jour, depuis un demi-siècle, des sabots au marché Bên Thành (1er arrondissement de Hô Chi Minh-Ville).  Son kiosque, le seul du genre au marché, est niché à droite de la porte Ouest du marché, à environ 10 mètres de celle-ci, est ouvert 9h à 19h. 
L’image de cette vieille femme clouant lestement, et attentive aux moindres détails de ses sabots, est devenue familière aux yeux des petits commerçants et des  touristes visitant ce marché, le plus connu de Hô Chi Minh-Ville.

Mme Liên pratique le métier de sabotier depuis 50 ans, dans ce marché qui vient de célébrer son centenaire. C’est son amour pour ce métier qui l’a encouragée à l’exercer jusqu’aujourd’hui. « Quand était jeune, j’aidais ma tante à vendre des sabots au marché de Bên Thanh. Quand elle est morte, j’ai repris son kiosque », explique-t-elle.

Mme Liên se rappelle de l’âge d’or de son métier, dans les années 1970-80, où toutes les jeunes filles de la mégapole du Sud portaient des sabots, avec leur robe tunique traditionnelle, l’áo dài.  A cette époque, elle travaillait nuit et jour et vendait chaque jour des dizaines de paires.
 

Mme Nguyên Thi Liên pratique depuis 50 ans ce métier 


Le petit kiosque de Mme Liên 


Le travail quotidien de Mme Liên est de façonner des sabots


Ce métier apporte à Mme Liên  la joie de vivre


Les jeunes achètent encore des sabots, mais moins pour les porter que comme un souvenir du temps jadis


Les touristes étrangers sont la clientèle principale de Mme Liên


Pour eux, les sabots de bois sont un souvenir intéressant
 
Mais le temps a passé et le goût des consommateurs a changé. Les sabots de bois ont été détrônés par les chaussures et sandales. Actuellement, les clients de Mme Liên sont pour la plupart des étrangers. Quand on la voit  façonner une paire de sabots pour des clients étrangers, en donnant des retouches aux lanières et puis ajustant les sabots de sorte que ses clients soient satisfaits, la joie rayonne sur son visage. On sent vraiment que ce travail est bien plus qu’un gagne-pain, mais sa joie de vivre.

A une époque où les clients étaient rares, cet amour pour les sabots de bois l’a empêchée de jeter l’éponge. S’ajoute à cela sa volonté de perpétuer un trait culturel, afin que les futures générations puissent toujours entendre le son des sabots de bois sur les trottoirs.



Les lanières sont de diverses matières


Une paire de sabots laqués de style classique


Sabots de style jeune et coquet


Une paire d’un modèle très populaire dans les années 1990


Une paire de style japonais, avec l’inscription "Saigon", qui évoquera au touriste qui l’achètera
son séjour inoubliable dans la ville

 
Texte : Nguyên Oanh – Photos : Nguyên Luân