15/05/2015 09:28 GMT+7 Email Print Like 0

Trân Anh Tru, « maître copiste »

« Maître copiste », le surnom qui récompense le peintre Trân Anh Tru pour sa capacité de reproduire de milliers de copies ressemblant absolument à l’original. Nombre de ses clients estiment même que ses reproductions sont plus vivantes que l’original !
Le peintre Trân Anh Tru est né en 1960 dans l’arrondissement Tân Binh de Hô Chi Minh-Ville, dans une famille nombreuse. Après le bac, il abandonne ses études et vend à vélo des glaces autour de Hô Chi Minh-Ville, pour gagner sa vie. Quand les clients se font rares, à midi, il va dans les galeries pour admirer des tableaux en rêvant un jour de devenir un grand peintre.

La chance enfin lui sourit. Un jour, le propriétaire de la galerie A Châu (arrondissement de Tân Binh), touché par son assiduité, lui donne un cours gratuit de peinture. Et Tran Anh Tru se prend de passion pour cet art. Le matin il vend des glaces, à midi il va à la galerie A Châu pour prendre des cours. Et le soir, chez lui, il reproduit des portraits, d’après photos, de ses proches. Ses premières œuvres  surprennent sa famille.


Le peintre copiste Trân Anh Tru


Rendre vivant le tableau est le plus difficile pour un peintre copiste


La reproduction de tableau est un travail minutieux qui exige du copiste d’être un vrai artiste


Le peintre Trân Anh Tru et ses élèves 

 
En 1978,  il devient apprenti à la galerie du peintre Nguyên Hoa Tuoi où il fait des progrès spectaculaires et devient  en peu de temps un peintre talentueux.  Puis il travaille comme artisan à la coopérative de laques poncées Truong My, qu’il quitte quatre années plus tard pour ouvrir son propre atelier de portraits.

Au début des années 1990, le mouvement de reproduction de tableaux déferle dans le  pays, et Trân Anh Tru se met à reproduire des tableaux de grands maître, de diverses écoles (réalisme, impressionnisme, peinture abstraite, surréalisme, cubisme… ) tels  Léonardo de Vinci, Peter Paul Rubens,  Francisco Goya,  Claude Monet, Paul Cézanne, Pablo Picasso, Paul Gauguin, Henri Matisse ou Vincent Van Gogh…

Il admire aussi les œuvres de grands peintres vietnamiens tels que Bùi Xuân Phai, Tô Ngoc Vân.. . et crée aussi des copies de leurs tableaux.  Ses reproductions  ont conquis les clients, vietnamiens comme étrangers. Selon Trân Anh Tru, un peintre copiste ne viole  pas le droit d’auteur d’une œuvre mais au contraire, il a le mérite de propager les tableaux de maître, de les multiplier de sorte que chacun peut un jour avoir le plaisir d’en avoir un accroché chez soi.

Réalise une copie est travail laborieux, qui exige d’être habile dans le mélange des couleurs, la création des différents plans du tableau. Et  pour un portrait, il est important de faire ressentir l’âme du personnage. Pour un paysage, il faut bien être fidèle aux proportions. Un tableau lui prend de quatre jours à une semaine de travail, voire un mois.
 
Des reproductions de tableaux du « maître copiste » Trân Anh Tru:
















Chaque jour, il fait des copies en donnant un cours de peinture à une dizaine d’élèves. Ceux-ci se sont mis aussi à la copie, et c’est ainsi qu’un quartier de reproductions de tableaux a vu le jour à Hô Chi Minh-Ville, dans les rues de Dông Khoi, Mac Thi Buoi, Ngô Duc Kê, Nam Ky Khoi Nghia….

En parlant de son surnom de « maître copiste » de Hô Chi Minh-Ville, Trân Anh Tru  a dit ces quelques mots : « Etre travailleur et passionné  de peinture, cela suffit pour devenir peintre copiste »./.
 
Texte : Dô Van – Photos : Lê Minh