17/05/2015 07:31 GMT+7 Email Print Like 0

Le club de don ca tai tu de Thô Chu sur de bonnes notes

Le don ca tài tu (chant des amateurs), reconnu patrimoine culturel immatériel de l'humanité, est devenu ces derniers temps une attraction touristique du district insulaire de Phu Quôc, province de Kiên Giang. La radio La Voix du Vietnam est allée à la rencontre du club de don ca tai tu sur l’île.

Thô Chu est une île rattachée au district insulaire de Phu Quoc, dans la province méridionale de Kiên Giang. Sa population est essentiellement composée de pêcheurs. Leur passion ? Le don ca tai tu, ce fameux chant populaire du Sud qui fait partie intégrante de leur vie culturelle.

Nous sommes chez Lê Truong Giang, le président du club de don ca tai tu de Thô Chu. Sa maison est aussi le siège du club. Aujourd’hui, ses voisins sont venus chanter. Pour ces gens qui ont quitté le continent pour élire domicile sur l’île, le don ca tai tu est un fil qui les lie entre eux et qui les relie à leur terre d’origine.

Nguyên Thi Dung, la femme du président, nous raconte les débuts du club : «J’ai remarqué que les jeunes qui venaient s’installer sur l’île adoraient chanter, et comme ici il n’y avait pas grand-chose côté animation, je leur ai dit de venir chez moi pour que l’on puisse chanter ensemble. Les soldats stationnés sur l’île aiment aussi le don ca tai tu, du coup, notre club est devenu le lieu de rendez-vous de tout le monde, et un lieu d’échange pour les délégations venues du continent.»

Lê Truong Giang, le président du club, habite à Thô Chu depuis 1993. A l’époque, les conditions de vie sur l’île étaient encore très difficiles, et la vie culturelle, quasiment inexistante. Fin connaisseur du don ca tai tu et membre de l’association des lettres et des arts de Phu Quôc, il a décidé de créer un club de don ca tai tu, qui a finalement vu le jour en 2001.

«En tant que président du club, j’ai décidé d’acheter, avec mon propre argent, des instruments de musique et des accessoires de scène», raconte Lê Truong Giang.

«On a commencé par des choses faciles puis de fil en aiguille, j’ai tâché d’aider les membres du club à accéder à un niveau plus professionnel. Nous sommes une quinzaine maintenant», a-t-il dit.

Créer un club est déjà difficile, le faire vivre l’est encore beaucoup plus. A un certain moment, le club comprenait 20 membres, mais à cause des aléas de la vie des uns et des autres, il est aussi arrivé qu’il soit réduit à 8.

«Moi, je me suis décidé à rester sur l’île», nous dit Lê Truong Giang. «Mais il y en a d’autres qui ne restent pas parcequ’ils n’arrivent pas à gagner leur vie. Du coup, les membres du club ne sont pas les mêmes tout le temps, les uns viennent, les autres partent, mais ils sont maintenant tous capables de jouer et de chanter plutôt correctement.»

Trân Kim Hang et son mari comptent parmi les membres les plus motivés du club. Elle confie : «J’adore chanter et échanger avec les autres. Il nous est arrivé d’aller jusqu’à la province d’An Giang pour un échange avec le club Binh Minh. Là-bas, ils sont superbement habillés, ils ont aussi eu l’occasion de se produire ailleurs. Ça me donne vraiment des envies.»

En plus de rassembler les mélomanes, le club de don ca tai tu de Thô Chu est devenu une source d’encouragement pour les habitants locaux qui sont ici pour une mission noble : exercer les droits souverains du pays sur l’"île d'émeraude". – VNA/VI
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