12/01/2017 09:16 GMT+7 Email Print Like 0

Le chef de l’ONU veut faire de la prévention des conflits sa priorité

 Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres a présenté le 10 janvier sa vision pour prévenir les conflits et et pérenniser la paix en 2017, en défendant notamment «une montée en puissance de la diplomatie » et en s’engageant à remédier à la fragmentation de l’action de l’ONU.

S’exprimant pour la première fois devant le Conseil de sécurité en sa qualité de secrétaire général, il a rappelé que l’ONU avait été créée pour prévenir la guerre par le biais d’un ordre international reposant sur des règles contraignantes. «Aujourd’hui, cet ordre est gravement menacé», a-t-il déclaré.

António Guterres a indiqué que les conflits actuels étaient souvent d’ordre interne, alimentés par la concurrence pour le pouvoir et les ressources, la marginalisation et l’exclusion, une gouvernance déficiente, des institutions fragiles et des divisions sectaires.  Ces conflits sont exacerbés par les changements climatiques, la croissance démographique et la mondialisation de la criminalité et du terrorisme.

Le secrétaire général a affirmé que la prévention ne devrait pas être «une priorité, mais la priorité».  «Si nous nous montrons à la hauteur de nos responsabilités, nous pouvons sauver des vies humaines, réduire les souffrances et redonner espoir à des millions de personnes.»

«Nous devons rééquilibrer notre approche pour la paix et la sécurité», a-t-il insisté.  Cette approche a été dominée, pendant des décennies, par la réponse apportée aux conflits.  «À l’avenir, nous devons en faire beaucoup plus pour prévenir la guerre et pérenniser la paix », a recommandé le chef de l’ONU.

«Nous devons nous engager en faveur d’une montée en puissance de la diplomatie au service de la paix, en partenariat avec les organisations régionales, en mobilisant tous les acteurs ayant de l’influence, des autorités religieuses à la société civile et au secteur des affaires», a-t-il poursuivi.

Le chef de l’ONU a indiqué également qu’il allait lancer une initiative pour renforcer la capacité de médiation de l’Organisation, au siège et sur le terrain, et pour renforcer les efforts de médiation aux niveaux régional et national.

Conscient que la coopération internationale pour la prévention dépendait de la confiance entre États membres, et entre ceux-ci et l’ONU, il s’est dit prêt à encourager une relation de confiance accrue et à améliorer les échanges avec le Conseil «de manière constante, honnête et transparente».

Le secrétaire général a affirmé que la prévention ne devrait pas être «une priorité, mais la priorité».  «Si nous nous montrons à la hauteur de nos responsabilités, nous pouvons sauver des vies humaines, réduire les souffrances et redonner espoir à des millions de personnes.»

«Ensemble, nous devons faire preuve de leadership et renforcer la crédibilité et l’autorité des Nations Unies, en mettant la paix au-dessus de tout», a encore affirmé le chef de l’ONU.
Prenant la parole lors du débat au Conseil de sécurité sur la prévention des conflits et la pérennisation de la paix, l’ambassadrice Pham Thi Kim Anh, cheffe adjointe de la Mission permanente du Vietnam à l’ONU, a appelé l’ONU à développer une stratégie complète de prévention des conflits.

Estimant que les différends tenaces entravent les efforts pour le développement et sont une cause latente des conflits, elle a déclaré qu’il était grand temps pour l’ONU de promouvoir une architecture de sécurité collective, sur la base du  renforcement du multilatéralisme et du respect du droit international, du non recours à la force ou à la menace de la force.

L’ONU devrait prioriser l’élaboration d’une stratégie de prévention des conflits de long terme et de règlement des différends, sur le fondement de l’article 33 de la Charte de l’ONU et en même temps du respect de l’indépendance, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de chaque nation, a-t-elle souligné.

Il faudrait également promouvoir la centralité de l’ASEAN dans la structure de sécurité régionale, a-t-elle indiqué, citant l’exemple de l’ASEAN qui s’évertue toujours à trouver des solutions politiques aux différends, y compris en Mer Orientale (Mer de Chine méridionale).

L’ASEAN s’engage à respecter la suprématie du droit international, dont la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982, pour assurer l’application complète et effectice de la Déclaration sur la conduite des parties en Mer Orientale et œuvrer pour la conclusion rapide d’un Code de conduite en Mer Orientale, a-t-elle affirmé.

L’ensemble des délégations –plus de 90 pays se sont exprimés lors de ce débat tenu au niveau ministériel– ont exprimé leur fort soutien aux priorités du secrétaire général de l’ONU ainsi qu’à l’objectif de l’ONU de faire de 2017 une année de paix. – VNA/VI
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