17/02/2015 10:03 GMT+7 Email Print Like 0

La pagode Tây Phuong, fierté de l’art bouddhique vietnamien




La pagode Tây Phuong est également connue sous le nom de pagode Sung Phuc. C’est la seconde plus ancienne pagode du Vietnam, après celle de Dâu (province de Bac Ninh, Nord).


C’est non seulement un lieu de culte important (fête et pèlerinage le 6e jour du 3e mois lunaire) mais aussi et surtout un très bel ensemble architectural.


Au départ de Hanoi, on y accède par une route traversant d’immenses rizières. On se retrouve ensuite devant une colline boisée au sommet de laquelle trône la pagode. Un escalier de 239 marches mène à l’entrée. Née au VIIe siècle, la pagode a été reconstruite en 1554 puis restaurée en 1632, avant d’être de nouveau édifiée en 1660. En 1794, sous le règne de Tây Son (1788-1802), elle a été complètement rénovée, et n’a guère changé depuis. Ses dernières rénovations datent de 1991 et 1995.


La pagode est composée de trois parties parallèles : temple supérieur, temple moyen et temple inférieur. Chacune dispose de deux étages et d’un toit sculpté de fleurs, feuilles, dragons, lions et phénix. Les murs sont en briques du village de céramique de Bat Tràng. Les fenêtres rondes symbolisent le Yin et le Yang. Et tous les piliers sont placés sur une pierre bleue en forme de lotus.


Une architecture originale


Toutes les parties en bois de la pagode sont magnifiquement sculptées de motifs de chrysanthème, de dragon, de phénix, etc. Mais ce site est surtout célèbre pour ses 62 magnifiques statues de bois de jacquier, chefs-d’œuvre du XVIIIe siècle : Vajrapanis (Kim Cuong), Sakyamuni en méditation, déesse aux mille bras, bodhisattvas et, surtout, 18 La Han (appelées «Arhat» en Inde) très habilement sculptés. Aucune statue ne ressemble à une autre. Certaines sont plongées dans la méditation, alors que d’autres semblent enjouées. Toutes nous apportent l’image d’une vie humaine réelle et vivante avec ses tristesses, ses malheurs, ses joies. Ces statues représentent 18 frères querelleurs et grossiers d’une légende bien connue. Comme ils s’entretuèrent, le Bouddha, dans sa grande bonté, les rappela à la vie et les admit comme ses disciples.


En 1960, après la visite de la pagode, Huy Cân, un grand poète du Vietnam, a décrit ces 18 Arhats dans un de ses écrits.


Ces statues sont des témoins de la créativité des Vietnamiens et aussi du développement de la sculpture sur bois au XVIIIe siècle. Des copies de ces œuvres se trouvent au Musée des beaux arts de Hanoi.


Classée patrimoine national



Un festival est organisé annuellement dans la pagode Tây Phuong juste après le Têt traditionnel (Nouvel An lunaire). Il s’accompagne de nombreuses réjouissances populaires : spectacles de marionnettes, bras de fer, combats de coqs, échecs à pions humains... Le point d’orgue est la cérémonie Sam Hôi (mea culpa), qui se tient le 6e jour du 3e mois lunaire, qui invite tous les hommes à pratiquer la compassion et la charité.


En 1962, cette pagode est devenue site historique et culturel de niveau national. En décembre 2007, l’Organisation des records nationaux du Vietnam (Vietkings) l’a reconnue «pagode ayant les Arhats les plus représentatifs de l’art de la sculpture du Vietnam au XVIIIe siècle».


La pagode de Tây Phuong est une des fiertés de l’art bouddhique vietnamien. Elle draine chaque année d’innombrables pèlerins, délégations bouddhiques internationales et touristes étrangers. -CVN/VNA/VI

 

Articles Déjà publiés