05/06/2017 09:55 GMT+7 Email Print Like 0

Hanoï chamboulée par la canicule

La première vague de chaleur de l’été est arrivée au Vietnam, avec une violence inédite. Depuis cinq jours, plusieurs provinces du Nord du pays doivent subir une hausse historique de la température, avec pour effet de bouleverser la vie quotidienne des habitants. Reportage-photos.

Hanoï, le 4 juin à midi. Tout est comme au Nouvel An. Les rues sont désertes, à l’exception des touristes qui rasent les murs à la recherche d’une hypothétique ombre qui, soleil au zénith, n’existe pas… La plupart des boutiques sont fermées ; et seuls quelques véhicules s’aventurent sur la chaussée brûlante. Cette vague de chaleur touche la majorité de la partie septentrionale du Vietnam, et affecte le quotidien des habitants.

Le 31 mai, un front chaud et sec venu de l’ouest s’est avancé vers le sud-est, sur le territoire des provinces du Nord du Vietnam. La température maximale varie de 37 à 42 degrés.

Et ces températures sont mesurées sous abri, dans des stations météorologiques. La température réelle dans les grandes villes, sous le soleil, peut grimper jusqu’à 50 degrés avec la formation d’«îlots de chaleur», de sorte que les gens peuvent se cuire un œuf sur le trottoir. Véridique !

Les administrations ont constaté que cette vague de chaleur était inédite au Nord du Vietnam depuis 1971. À midi, même pendant la journée de travail, les gens restent cloitrés chez eux ou au bureau. Les marchés locaux sont fermés très tôt, car les aliments frais se gâtent très rapidement.

Les dix membres de la famille de Nhung (district de Nam Tu Liêm, Hanoï) vivent dans une pièce de 12m2, la seule climatisée de la maison. «On n’avait pas prévu cette situation. On n’a pas le choix ! Là, on doit dormir par terre, raconte-elle. Ma famille avait prévu d’emmener les enfants au musée ce week-end. Mais avec cette chaleur, on a dû annuler».

Nam et sa femme habitent dans un immeuble à Mai Dich, Hanoï. Ils décident alors d’emmener leurs parents dans la province de Ninh Binh afin de tenter d’échapper à la canicule. «On a un climatiseur dans la chambre, mais on ne peut pas ouvrir les portes ou les fenêtres car la chaleur est monstrueuse. Il n’y a pas de courant d’air, tandis que le plafond de notre immeuble est brûlant, comme s’il était en feu !», s'exclame-t-il.

«Les étudiants, les ouvriers, et les jeunes mariés ont quitté mes chambres à cause de la chaleur, partage Van Quyêt, qui loue des chambres rue Pham Van Dông. J’ai pensé à rénover les plafonds depuis l'été dernier. J'ai hésité à le faire, et voilà le résultat : tous mes clients sont partis…», explique-t-il.

La hausse de la température cause de nombreux désagréments, dont des coupures d’eau et d’électricité. Ngoc Binh, habitante à An Lac, district de My Dinh, raconte : «Ils ont coupé l’eau depuis ce matin, alors je ne peux pas faire la lessive». Dinh Anh Khang habite, lui, à la rue Phùng Khoang, Hanoï : «Il y a des coupures de courant au moins trois fois par soir. Je dois donc emmener mes enfants à une épicerie à côté. Beaucoup d’autres personnes font comme moi et sont là, sans rien acheter», sourit-il.

Cette vague de chaleur devrait durer jusqu’à mardi 6 juin avant la venue d’orages. Les autorités conseillent de ne pas sortir sous le soleil, notamment les enfants et personnes âgées. -CVN/VNA/VI
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